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THÉORIE DE LA VALEUR DES MÉTAUX PRÉCIEUX

nouveau, qu'une fraction de moins en moins forte du métal offert sur le marché ; l'équilibre se rétablit ; les prix se fixent ài un niveau moins élevé que Tanclen» sans doute, mais dont ils ne s'écartent plus beaucoup; la valeur des métaux précieux retrouve sa stabilité relative.

Il faut ajouter que par suite de l'augmentation constante des approvisionnements d'or et d'argent, leur pouvoir d'achat a tendu de tous temps à décroître. Les grandes révolutions monétaires, telles que celles du xvi* et du xix* siècles, précipitent parfois ce mouvement ; mais, même dans les périodes moins troublées, la baisse, parfois interrompue par des accroisse-*^ ments soudains de la demande, a suivi son cours, lentement mais sûrement, par l'effet de la lente mais continue progressioR de l'offre.

Celte théorie du fondement de la valeur des métaux précieux n'est pas unanimement admise. On a soutenu que la valeur de l'or et de l'argent ne dépend pas du rapport de l'offre et dft la demande. On a dit que « la loi humaine est le facteur prépondérant dans le mouvement et dans la valeur des métaux précieux* », et plus explicitement encore, « que les lois monétaires, créant presque tout l'emploi qui est fait des métaux précieux, en déterminent presque entièrement la valeur* ».

Comme il arrive souvent, cette thèse contient une part d'erreur et une part de vérité. Il est vrai de dire que l'usage monétaire des métaux précieux est la principale cause de leur valeur. C'est une erreur de penser que le législateur peut régler cet usage à son gré. Nous nous servons des cltoses en raison de leur utilité ou, plus exactement, d'après l'opinion que nous avons de cette utilité. Il en est, à cet égards des. métaux précieux comme des autres marchandises. Si l'or et l'argent ont un pouvoir d'achat général, ce n'est point parce que le législateur l'a prescrit, mais parce que tout le monde désire les posséder. Le jour où l'un des métaux précieux est l'objet d'une préférence ou d'une sorte de désaffection, les quantités demandées augmentent ou se réduisent. Si tandis que la demande *

4. Dana Horton, La monnaie et la loi, Paris, Guillaumin. 18S1. 2. Conférence monétaire inlernathnale de 1881. Livre jaune, p. 51, Cf. AWtiTd,. Déprécia lion des richesses, Bruxelles, Berqueman, 1889.

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diminue ou reste stationnaire, Toffre augmente, ce métal est fatalement déprécié. Le législateur essaierait vainement de relever la demande. Ses ordres ne peuvent rien contre un mouvement de Topinion.

Ces principes trouvent leur confirmation dans Fexamen des faits auxquels sont imputables les variations survenues depuis un demi-siècle dans la valeur des métaux précieux.

§ 2. — Variations de la valeur des métaux précieux depuis le milieu du dix-neuvième siècle ^

I. — La baisse de l*or après 1850. — L'étude des variations de la valeur de For au xix* siècle présente une difficulté particulière, inhérente au rôle que joue ce métal. L'or fournit aujourd'hui la matière dont est formée la monnaie principale, cellfe qui sert de mesure générale, d'étalon des valeurs. Tous les prix sont exprimés en or; les francs qui composent les prix sont eux-mêmes des francs d'or et représentent un poids déterminé d'or fin. On ne peut donc, comme on le ferait pour une marchandise quelconque, chiffrer en francs les prix de l'or à diverses époques pour faire ressortir de leur comparaison les variations du pouvoir d'achat du métal jaune. Le franc^ monnaie d'or, a subi naturellement les mômes variations de valeur que le métal dans lequel il est frappé. C'est une fraction du kilogramme d'or, comme le décilitre est une fraction du litre. Si l'on augmentait la capacité du litre, celle du décilitre serait accrue proportionnellement ; de même, l'augmentation ou la diminution du pouvoir d'achat du kilogramme d'or a pour conséquence une augmentation ou une diminution proportionnelle du pouvoir d'achat du franc. Il faut donc chercher un terme de comparaison en dehors de la monnaie.

Théoriquement, on le trouve dans le niveau général des prix de toutes les autres marchandises^. En effet, les variations sur-

1. Pour les périodes antérieures. V. Ad. Smith, De ta richesse des nations; J.-B. Say, Traité cT économie politique; Michel Chevalier, Cours d'économie polilique, t. III (La monnaie); Paul Leroy-Beaulieu, Traité théorique et pratique d'économie politique, t. III.

2. Au xviii» siècle, on prenait comme terme de comparaison le prix du blé. C'est ce que firent notamment Adam Smith et J.-B. Say. D'autres

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