‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 141 sur 260 · Jbid., 1899. Cf. infra, p · texte numérisé non relu

Jbid., 1899. Cf. infra, p

0. Ces renseignements nous ont été donnés très obligeamment par M. Horace Seymour. dirocienr de la Monnaie de Londres. (1894-sl 902).

le compte de la Monnaie de Londres ; mais, depuis 1884 S cette dernière ne s'est plus adressée à l'industrie privée que pour des fournitures de flans de bronze -.

La frappe de Toi' est libre.

Elle est môme gratuite, du moins dans la métropole **. La •gratuité de la frappe fut introduite, en 1666, sous le règne de Charles II (I8^ Çh. Il, c. v) *.

Les Anglais se sont toujours montrés attachés à ce principe deux fois séculaire. Dans son fameux traité, Lord Liverpool rejetait l'idée de retenir des frais de fabrication, pour les quatre motifs suivants : 1° la principale mesure de la valeur ne serait pas parfaite; 2* les marchands. lorsqu'ils exportent des espèces, perdraient les frais de fabrication ; pour les récupérer ils élèveraient le prix des marchandises d'importation ; c> on aurait été obligé de réduire le poids des pièces d'or ; 4^' en conséquence, il aurait fallu procéder à une refonte des anciennes monnaies. Ces deux dernières raisons tiraient leur valeur probante des circonstances particulières où se trouvait l'Angleterre au temps de Lord Liverpool. Les deux premières ont une portée plus générale.» C'est un fait, vrai dans tous les pays et dans tous les temps, que les frais de fabrication sont perdus en cas d'exportation des espèces nationales : à ce point de vue, la gratuité de la frappe présente un avantage % surtout dans un pays comme l'Angleterre où les produits d'importation tiennent dans les consommations industrielles et privées une place prépondérante. L'identité de valeur du métal monnayé et du métal non

1. La Monnaie a été reconstruite en 1881 et i88i et pourvue d'un outillage plus puissant qu'autrefois. En i87b et 187G. J75 tonnes de bronze avaient été monnayées par l'industrie privée, en espèces métropolitaines. De plus, il avait été fabriqué des pièces d'argent de ."iO, 20. 10 et 5 cents pour Hong-Kong, Terre-Neuve, les îles de la Sonde, et des cents de bronze pour le Canada, Terre-Neuve et IIong-Kong.

i. V. Bulletin de slatislique du Miuiidère des finances. îuin. 1890. p. 727. juin 1891, p. 642. Le flan est le disque de métal prt't à recevoir l'empreinte.

3. V. Act de 1870. sect. 8. Pour les colonies, V. Annaal report of lia* Deputy Masfer of the Minf, 1897 et 1900.

4. Lord Liverpool, op. cit., p. 6. La frappe de l'argent était également libre et gratuite. Ibicl.

;>. On a vu que la Banque de France s'attrtche pour ce motif à conserver une réserve de lingots et de monnaies, étrangères. V. supra, p. 203.

264 LE SYSTÈME MONÉTAIRE ANGtATS.

monnayé est, au surplus, moins réelle que théorique, en dépit de la gratuité du monnayage. Les porteurs de matières d'or ont à supporter des pertes d'intérêts pendant les délais de fabrication. La perfection idéale de l'unité monétaire, souhaitée par Lord Liverpool, n'est donc pas réalisée complètement.

Il existe un moyen d'éviter la perte d'intérêts, c'est d'apporter l'or à la Banque d'Angleterre, qui, en vertu du Charter act de 1844, est tenue de Tacheter à prix fixe. Elle paie l'once 3 l. 17 s. 9 d., soit 1 V2 d- de moins que la Monnaie. Cet écart de 1 Vi d. lui reste à litre de commission. Le porteur doit encore supporter des frais de fonte, de pesage et d-essai , etc. Le tout représente actuellement 2 Vi P- 7od *• Ces frais n'équivalent pas à la perte des intérêts pendant la fabrication^. Aussi s'adresset-on toujours à la Banque ; c'est par son canal que l'or arrive à la Monnaie ; il est rare que celle-ci travaille pour d'autres maisons. Stanley Jevons remarque qu'en 1857, lors d'une enquête sur le Bank charter act, un banquier qui avait envoyé une fois 10,000 livres sterling à la Monnaie, fut surpris de voir sa maison citée comme le seul établissement particulier qui eût jamais fait pareille chose ^ Nous avons noté, en 1884, un monfiayage de 2^0,98:2 livres sterling pour le compte d'une maison particulière, sur une frappe totale de 1,435,228 livres sterling. Le fait reste exceptionnel *.

On a demandé, en France, lors de l'enquête de 1868 sur la circulation, que la Banque fût également tenue d'acheter l'or û prix fixe. On supposait que cette disposition de Vact de 1844 contribuait à la prépondérance de Londres comme marché des métaux précieux. Les représentants de la Banque de France objectaient, non sans raison, que Londres était le grand marché de l'argent, autant que de l'or, bien que la Banque d'Angleterre n'achetât pas ce dernier métal à prix fixe. « L'or arrive sur le marché de Londres », disait M. de Waru, <f parce que le com-

1. M. Seyd évaluait la perte, en 1870. à 2.828 p. «/oo {Enquête sur la question monétaire, t. I«r. p. 43.')). Depuis lors, la Banque a réduit les frais de fonte, de pesage et d'essai. V. Stanley Jevons, op. cit., p. 95.

2. V. de Parieu, Enquête sur les principes qui régissent la circulation monétaire et fiduciaire, t. VI, p. 260 et 26i.

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