Loc. ciL
Le gouvernement indien lui-même n*a pas tardé à se trouver dans une situation budgétaire véritablement critique par suite de la baisse de l'argent. On sait déjà qu'il doit remettre annuellement au gouvernement de la métropole des sommes qui, depuis longtemps, dépassent 15 millions sterling, en paiement de rintérôt des emprunts contractés en Angleterre, de l'intérêt du capital garanti des chemins de fer, des frais des dépôts et transports de troupes anglaises, des pensions aux fonctionnaires civils ou militaires retraités. •
En 1876, dans une réponse à deux mémoires présentés par la Chambre de commerce du Bengale et l'Association commerciale de Calcutta en vue d'obtenir la suspension du monnayage de l'argent, le gouvernement vice-royal, sans méconnaître l'influence que toute modification dans le rapport des deux métaux devait avoir sur les finances de l'empire indien, émettait l'avis qua si ce trouble devait durer il y aurait simplement lieu soit d'augmenter les impôts, soit de réduire les dépendes, soit de recourir à l'un et l'autre moyen pour rétablir l'équilibre budgétaire *. On ne prévoyait pas, évidemment, dans les conseils du gouvernement vice-royal, le degré que devait atteindre la dépréciation de l'argent.
En 1881, les délégués des Indes britanniques à la Conférence monétaire internationale déclaraient de même que leur gouvernement ne s'engageait nullement à adopter le système bimétallique '.
En 1890, la roupie, qui jadis valait 2 shillings était tombée à 1 s. 4 d. Quand 10 roupies indiennes s'échangeaient contre 1 souverain, la remise de lo millions sterling en Angleterre coûtait à l'Inde 150 millions de roupies. Au taux de 1 s. 4 d., 13 millions sterling valaient 223 millions de roupies \ Le change devenait un élément des plus importants du budget indien. En 1890-91, une Jjausse de 1/2 penny en moyenne dans le cours de l'argent procura une économie de 1,726,500 roupies*. En 180i-
i. V. ce document dans le Dullelin de statistique du Ministère des finances, mars 1877, p. 165.