‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 156 sur 260 · V. supray p. i · texte numérisé non relu

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2. Correspondence between the Brilish and Jndian governments respeciing the sUver quesUon, 1886 (C. 4868).

LE SYSTEME MONÉTAinE DE L*l!»iDE ANGLAISE 285

stabilité dans les relations de change qui avait été vainement attendue d'une solution internationale de la question de Targent. Dès 1891, Sir D. Barbour s'exprimait ainsi dans son exposé budgétaire^ : « Tant qu*on peut espérer un règlement satisfaisant de la question, il est préférable que l'Inde conserve son système monétaire actuel. Mais il en serait tout autrement si les États-Unis abandonnaient l'argent : il y aurait lieu d'examiner alors si l'Inde ne devrait pas fermer ses hôtels des monnaies à la frappe de ce métal. J'estime qu'en cas de nécessité l'adoption de l'étalon d'or pour l'Inde constituerait une sage mesure. Les risques et les sacrifices seraient tout d'abord considérables, mais toute solution nette serait préférable aux fluctuations violentes et continuelles du change et à la perspective d'une baisse indéfinie du métal blanc. Si les États-Unis renoncent à l'étalon d'argent, le mal sera trop grand pour qu'on puisse y remédier par de simples palliatifs, et le gouvernement de rinde, forcé d'opter entre une opération difficile et une maladie chronique, fera mieux d'adopter l'étalon d'or au taux du change du jour où la décision sera prise que d'essayer de relever le cours des monnaies d'argent ».

Un an plus tard, le 21 juin 1892, le vice roi des Indes, Lord Lansdowne, et son ministre des finances, Sir D. Barbour, adressaient au gouvernement de la métropale une dépêche dans laquelle ils exprimaient l'avis formel que, si la conférence de Bruxelles n'aboutissait pas et si Ton ne pouvait conclure une convention directe entre l'Inde et les États-Unis, il y avait lieu de fermer les Monnaies de l'Inde à la frappe libre de l'argent et de poursuivre l'introduction de l'étalon d'or*. Un rapport serait établi entre l'or et l'argent sur la base des cours moyens observés pendant une certaine période. Le poids et le titre des nouvelles pièces d'or seraient déterminés de façon à leur donner une valeur sterling correspondante au rapport adopté entre le souverain et la roupie d'argent. Le change anglo-indien serait ainsi iixé au taux résultant de la moyenne des cours.

Ce projet fut soumis à une commission royale, dont le prési-

i. Bulletin de statistique du Ministère des finances, mai 1891, p. 589. «. Ibid., juillet 1893, p. 119.

286 LE SYSTÈME IfONÂTAIRE ANGLAIS.

dent fut Lord Ilerschell. La commission admit la suspension de la frappe libre de l'argent. La frappe libre du mohur serait également suspendue. L'or n'en continuerait pas moins d'être reçu dans les Monnaies de Tlnde ; mais en échange de leurs versements, les porteurs de métal jaune, recevraient non des pièces d'or, mais des roupies d'argent, au change fixe de 1 roupie pour 1 s. 4 d. ou 16 d. Les souverains et demi-souverains seraient reçus par les caisses publiques au même taux, soit pour 15 et 7 V2 roupies S en payement de toutes sommes dues au Trésor.

Ces amendements avaient pour objet, dans la pensée de la commission, de ménager la transition entre l'ancien et le nouveau régime. Elle craignait que la fermeture absolue des Monnaies ne provoquât une hausse du change, de nature à faire baisser les prix des produits indiens et à mécontenter, par suite, la population indigène. D'autre part, dans le système qu'elle recommandait, la quantité des espèces en circulation continuerait d'être automatiquement réglée par les besoins du pays.

Le projet ainsi modifié fut soumis au Conseil législatif de rinde et voté le 25 juin 1893.

Ce changement de législation eut pour première conséquence, ainsi que l'avait supposé la commission Ilerschell, une hausse subite des valeurs payables en roupies. Au milieu àe juin, la roupie ne valait, en fait, que 1 s. 3 d. Du 26 au 27, les transferts télégraphiques* sur l'Inde montèrent à Londres de 1 s. 3 'Vie d. à 1 s. 4 V32 d. Mais dès le 30, les soumissions faites à 1 s. 3 Vs d. furent acceptées telles quelles. Ce fléchissement

1, A ce taux, Vanna indien équivaut au penny

[i roupie = 16 annas = 46 d. = pr liv. st.).

2. Le gouvernement de l'Inde se procure la majeure partie des fonds qui lui' sont nécessaires à Londres, en vendant des traites. Ces traites, libellées en roupies, sont adjugées au plus otTrant. Elles sont de deux espèces ; les unes à vue, trausraissibles par la poste ; les autres télégraphlcjucs. Celles-ci. arrivant à destination trois semaines environ avant les premières (16 jours de Londres à Bombay), sont à un cours généralement plus élevé de 1 ii 2/32 par roupie. Rapport de l'Inspection générale des l'.nances. Bulletin de slatistirjue du Mifiisière des finances, février 1891, p. '^'2o.

des cours fut expliqué de diverses façons^ : de grandes quantités de métal blanc avaient été envoyées vers Tlnde, quand la spéculation avait vu que les travaux de la commission Herschell touchaient à leur fin ; la réforme avait eu lieu à la veille de la mousson, au moment où, l'exportation étant è son minimum, les traites du gouvernement sont le moins demandées. L'Inde n'important plus d'argent pour la frappe, il faudrait bien que tôt ou tard le commerce demandât des traites, et il suffirait d'une concurrence un peu active entré les acheteurs pour que la cote remontât à 1 s. 4 d.

Ces prévisions ne se réalisèrent pas immédiatement. Le taux moyen de négociation des Jndia council bills et transferts télégraphiques ne dépassa pas, pour Tannée financière 1893-94, UMl d. par roupie. En 1894-9o, il descendit à 13.101 d. Mais depuis lors, il n'a cessé de monter : 189o-96, 13.638 d. ; 1896- 97, 14.431 d. ; 1897-98, lo.3o4 d.

Le 21 janvier 1898, en vertu d'un act du même mois, une notification du gouvernement général annonçait que des billets seraient émis contre dépôt d'or au secrétariat d'État pour rinde, sur le pied de 7,53344 grains d'or fin par roupie ; de son côté, le secrétaire d'État pour l'Inde faisait publier que jusqu'à nouvel ordre des transferts télégraphiques sur Calcutta, Madras et Bombay étaient offerts au taux de 1 s. 4 ^32 d. par roupie. Ces dispositions avaient été adoptées en vue de remédiera la contraction monétaire dont souffraient alors les marchés de l'Inde. Édictées pour six mois d'abord, elles furent prorogées pour deux ans par un second act de 1898.

Au mois de mars de la même année, le gouvernement de l'Inde soumettait à la Métropole un projet auquel il prêtait la vertu de faire définitivement aboutir la politique monétaire inaugurée en 1893 par la suppression de la frappe libre de l'argent.

Il admettait que la hausse de la roupie depuis 1894-95 était due à un resserrement de la circulation, et il supposait que, cette cause continuant à opérer tant que de nouvelles roupies ne seraient pas monnayées, on devait, avec le temps, atteindre

1. Bulletin de statistique du Ministère des finances, octobre i893. p. 532.

le point où Tor serait offert en échange de Targent dans les conditions de la notification du 26 juin 1893 et où l'introduction de l'étalon d'or serait possible. Il proposait de hâter cette issue naturelle de la situation monétaire de Tlnde^ en retirant de la circulation 240 millions de roupies, non sans avoir préalablement constitué, au moyen d'un emprunt, une réserve d'or. 5 millions sterling auraient été nécessaires pour couvrir la perle de 80 millions de roupies qui résulterait de la refonte et de la vente comme métal de 200 millions de roupies. Le gouvernement de rinde demandait Tautorisation d'emprunter jusqu'à 20 millions sterling pour l'opération ; mais il comptait que le retrait de 200 millions de roupies, pour lequel une couverture de 5 millions sterling était jugée sufflsante, assurerait le cours de 16 pence par roupie, et que les souverains anglais pourraient dès ce moment être importés. L'or emprunté aurait été tenu en réserve jusqu'au moment où, le cours de 16 pence étant bien établi, les espèces d'or britanniques seraient définitivement entrées dans la circulation du pays.

Ce plan fut soumis, au mois d'avril 1898, par le secrétaire d'État pour l'Inde à un comité que présidait Sir Henry H. Fowler, et dont faisaient partie notamment, le Lord Balfour of Burleigh, Sir David Barbour, M. Everard Hambro, M. W. H. Holland, M. Robert Campbell, etc. C'est au mois de juillet 1^99, après une enquête de plus d'une année * que le Comité fît connaître son opinion. Il n'admit pas que la contraction delà circulation fût la principale cause de la hausse du change, à laquelle avaient dû contribuer beaucoup d'autres, circonstances : gros emprunts faits à Londres pour compte indien ; moindres tirages du secrétaire d'Étal; augmentation dans les exportations nettes de l'Inde; diminution dans les importations de métal blanc; enchérissement des prix exprimés en or. La proposition de retirer les roupies, en vue de consolider le cours de 16 pence, devait donc être écartée.

Le rapport insinuait que le gouvernement indien se serait abstenu de formuler cette proposition s'il avait pu prévoir l'amélioration qui s'était produite depuis 1898. Le change s'était

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