‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 168 sur 260 · Pour les années plus récentes, v. noie, p · texte numérisé non relu

Pour les années plus récentes, v. noie, p

lequel la mauvaise monnaie aurait été impuissante à chasser la bonne?

On a déjà expliqué que la mauvaise monnaie ne chasse pas nécessairement la bonne. Celle-ci ne s'écoule à Textérieur que lorsqu'on a intérêt à l'exporter, et cet intérêt résulte soit de Tétat de la balance commerciale, soit de la faculté de frapper librement la monnaie dépréciée. Quand on est débiteur de l'étranger, il y a avantage à le payer en bonne monnaie pour éviter la perte au change ; on exporte cette bonne monnaie et on garde la mauvaise pour les échanges intérieurs, où la loi civile permet de l'imposer en paiement. Quand la frappe d'un métal déprécié est libre, on a intérêt à exporter le métal qui a conservé son ancienne valeur, pour acheter à l'étranger, au prix du commerce, le métal avili auquel l'empreinte monétaire donnera une valeur légale supérieure.

La balance du commerce a été plutôt favorable aux États- Unis depuis 1878 ; d'autre part, la frappe n'a jamais été libre. Les conditions de fonctionnement de la loi de Gresham n'ont jamais été complètement réalisées ; il est donc naturel que la substitution de l'argent à l'or ne se soit pas opérée.

Ce serait une erreur de croire, cependant, que la frappe obligatoire du Bland dollar ou l'émission forcée des billets du Trésor créés par le Sherman act, lesquels ne représentaient que de l'argent, n'aient causé aucun dommage à la circulation métallique des États-Unis.

Dès 1886, le Président le constatait dans son message, l'exportation de l'or américain augmentait. En 1888 et 1889, du mois de mai de la première année au mois de juin de la seconde, le drainage de Tor prenait de grandes proportions. A la fin de 1890, l'émigration du métal jaune recommençait.

Le directeur de la Monnaie remarquait en 1890 qu'il y avait eu des expéditions d'or sur Londres, quand le change ne dépassait pas 4.87 V* dollars, bien que la parité du gold point 6oit4.89 dollars. Il expliquait cette anomalie par cette circonstance que l'or en barres, sur lequel on ne perd pas de faux frais, pouvait être obtenu gratuitement à la Monnaie en échange de monnaie d'or, grâce à la loi du 26 mai 1882. Il proposait de modifier cette loi et de décider que le Trésor aurait le droit de

ne pas autoriser ropéralion ou de prélever une légère rémunération dans le cas où les barres seraient demandées pour Texportation *. Les recommandations du directeur de la Monnaie, appuyées par le secrétaire du Trésor, furent accueillies par le Congrès. Une loi du 3 mars 1891 donna au Trésor les pouvoirs qu'il demandait.

Malgré une retenue de 4 cents par 100 dollars, les demandes •de barres d'or continuèrent et, dès le 23 mars 1891, le surintendant de la Monnaie, reçut Tordre de les refuser désormais aux exportateurs 2. De février à juillet 1891, l'exportation en barres ou en espèces atteignit 70 millions. Le directeur de la Monnaie attribuait ce mouvement aux avantages faits à Tor en Angleterre, en France et en Allemagne ^ En 1892, le directeur de la Monnaie déclarait que la grande cause des retraits d'or opérés par l'Europe était la défiance de plus en plus grande qu'inspirait aux capitalistes du vieux continent, la prépondérance croissante de l'argent sur For dans la réserve affectée au remboursement du papier monnaie*. N'est-il pas permis de penser qu'une part de responsabilité incombait aussi au Sherman aci ? Le chiffre des achats obligatoires était tellement élevé que le régime de la loi de 1890 ressemblait beaucoup à celui de la frappe libre et illimitée.

Pendant l'année fiscale 1891-92, les exportations d'or furent 4 peu près balancées par les importations. Au mois d'avril 1892 cependant, un nouveau courant de sortie s'établissait. De juillet 1892 à juin 1893, l'exportation nette atteignit 86,897,275 dollars *. Le nouveau Président, M. Cleveland n'hésita pas, dans «on message du 8 août, à accuser la loi Sherman de cet appauvrissement de la circulation métallique de l'Union. « Nous avons facilité l'émigration de notre or au profit d'autres pays qui, mieux avisés, ont grossi d'autant leur stock monétaire. Ce qui montre bien qu'on a su profiter de l'occasion offerte, c'est l'énorme quantité d'or qui, dans ces derniers temps, est sortie

1. Reporé of the director of the Mini, 1890, p. 145, i46. ± IbicL, 1891, p. 120.

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