‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 179 sur 260 · ORIGINES DU SYSTEME INDO-CHINOIS. 3 H · texte numérisé non relu

ORIGINES DU SYSTEME INDO-CHINOIS. 3 H

d'acheter du papier sur la Banque. Le tout était d'y mettre le prix. On n'y manque pas quand il y a intérêt de le faire. Si une telle spéculation avait été entreprise, la Banque eût été fort empêchée pour reconstituer son encaisse, tous les autres marchés étant déjà démunis de piastres. Pour parer à ce danger il était utile de lui permettre, ainsi qu'au commerce indo-chinois en général, de se procurer des piastres en les faisant frapper à la Monnaie de Paris, dans des conditions analogues à celles où la Banque de France et le commerce français peuvent, en cas de besoin, faire frapper de Tor.

€es diverses questions furent soumises par. M. Léon Say, en même temps que plusieurs autres intéressant le régime fiscal ou monétaire de diverses colonies, à une commission instituée par un décret du 1" juin 1878*. La commission se prononça pour la fabrication d'une piastre française. La Monnaie de Paris fut autorisée à la frapper par une décision du Ministre des finances du 9 octobre 4878. Les caractéristiques de cette nouvelle pièce et de ses subdivisions furent fixées par une décision du Ministre de la marine et des colonies en date du 24 décembre 1878^.

On commença par frapper, en 1879, des cinq centièmes de piastre en bronze ou sapèques. Cette émission répondait, semble-t-il, à un besoin des plus urgents. En 1878, en effet, l'administration avait cru nécessaire, pour suppléer à l'insuffisance des ligatures, de faire trouer à l'arsenal de Saigon une certaine quantité de pièces françaises de 1 centime qui furent ensuite lancées dans la circulation. Tous ces centimes revenaient dans les caisses du Trésor; les trous, grossièrement pratiqués au centre des pièces, leur faisaient perdre près d'un dixième de leur valeur ; il était impossible de les faire accepter à la population ^

Dès la même année 1879, on frappa des pièces de 10, 20 et

1. Cette commission eut à s'occuper notamment de la situation monétaire à l'île de la Réunion. Elle était composée de MM. Calmon, président, André Béchu, Delarbre, Desmazes, contre-amiral baron Duperré, Gay, Girod, Godin, Le Pelletier de Saint-Remy, Michaux, baron de Rothschild, Ruau, Tirard; Aubry, secrétaire.

â. Tous les textes relatifs au régime monétaire de Tlndo-Cbine ont été réunis dans le Rapport du Directeur des monnaies pour 1902.

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