Ihid., 2 février
caine ^ C'est dire que la fonction d'étalon y était tenue par l'argent .
Le gouvernement espagnol avait prohibé, en 1877, Tenlrée des piastres portant un millésime postérieur. La circulation des Iles étant alimentée par Timportation, cette prohibition était l'équivalent de la fermeture des hôtels des monnaies aux apports des particuliers dans les pays où les espèces proviennent de la frappe libre : elle aurait pu, en faisant obstacle à tout accroissement du stock monétaire, en enrayer la dépréciation. Mais il paraît que les piastres prohibées entrèrent en contrebande.
Dix ans plus tard, on voulut doter la colonie d'une monnaie spéciale, dont le pouvoir d'achat échapperait aux variations qui affectaient celui de la piastre. Ce fut une réplique de la pièce métropolitaine de 5 pesetas. La Monnaie de Madrid frappa, en 1896 et'1897, 6 millions de ces pièces; on envoya, de plus, aux Philippines une petite quantité de monnaies divisionnaires d argent et de bronze au coin espagnol.
Ces dernières avaient été réexportées en Espagne, la peseta y ayant conservé une valeur supérieure à celle qui lui était attribuée aux Philippines comme subdivision de la piastre. Elles furent remplacées par de la monnaie américaine. La circulation métallique fut, en conséquence, composée de piastres mexicaines, de piastres philippines de 5 pesetas que Te besoin de monnaies faisait accepter au pair des mexicaines malgré leur moindre poids, enQn de monnaies des États-Unis, ces dernières reçues pourplus du double de la valeur des pièces mexicaines ou espagnoles.
En vue de faciliter l'usage simultané de la monnaie américaine et des espèces locales, la Commission chargée du gouvernement des Iles prescrivit de recevoir les unies et les autres dans
l. Sur la situation monétaire des îles Philippines à cette époque, consumer : Charles A. Conant, A spécial report on coinage and banking in the l*hilippine IslandSt made to the secretary of war, Sovember, t^SyWiOK^ Washington, 1901. Stahility of international exchauge. Report on the introduction of the goldexchange standard into China and olher sHver-using countries, Washington, 11)03, Appemiix /, p. Wd'l et suiv. \Jke Currency of the Philippines Islands, résuûîé fait par M. Charles A. Conant); A. Piatt Andrew. The end of the mexican dollar, Quarterly Journal of Economies, May 190i.
les caisses publiques à raison de 2 piastres pour 1 dollar des Etals-Unis. Ce taux de conversion, à Tépoque où il fut établi, correspondait au cours de l'argent. Mais le prix de ce métal ayant haussé en 1900/à l'occasion de Texpédition de Chine, la piastre valut beaucoup plus de 50 cents. C'est pourquoi plus de 3 millions de piastres furent alors exportées en quelques mois. 11 en résulta une crise, le numéraire manquant pour les transactions quotidiennes. Une fois les affaires de Chine terminées, l'argent baissa et la piastre mexicaine valut moins de 50 cents : elle fut donc importée aux Philippines, tandis que la monnaie d'or était appelée à l'étranger. La Commission tenta d'arrêter la sortie du métal jaune en la taxant ; elle essaya aussi de faire de préférence les paiements au moyen de piastres, les monnaies américaines étant retenues par le Trésor. Ce n'étaient la que des expédients.
En 1901, M. Ch.-A. Conant, qui avait été envoyé aux Philip-' pines avec mission d'étudier la question monétaire, soumit un plan de réforme au secrétaire d'État pour la guerre, de qui relevait le gouvernement de la colonie. M. Ch.-A. Conant écartait l'idée d'introduire aux Philippines le système monétaire des Étals-Unis. Il se fondait sur deux motifs principaux : l'indigène n'aurait pas compris que la pièce américaine de 50 cents pût valoir autant que la piastre mexicaine dont le module et le poids sont doubles ; le dollar des Étals- Unis est une unité trop forte pour un pays où le prix de la vie est peu élevé et où le salaire d'une journée ne dépasse pas une peseta. On ne devait pas cependant conserver comme unité la piastre mexicaine. Sa valeur, étroitement liée à celle du métal en barres, est trop instable; c'est, en outre, une monnaie étrangère qui peut manquer au moment où l'on en a besoin. M. Ch.-A. Conant recommandait donc la création d'une piastre spéciale aux Philippines, du poids de 25 grammes et au titre de 0.835, à laquelle serait attribuée une valeur nominale de 50 cents, et que le gouvernement colonial aurait la charge de maintenir au pair, notamment par la limitation de l'émission et parla constitution d'une réserve d'or.
Des dispositions conformes à ces vues furent insérées dans les bills qui furent soumis simultanément au Sénat et à la
Chambre au début de 1902 pour organiser le gouvernement des Iles. Mais la question ne put être tranchée en même temps que les autres, par suite d'une divergence de vues entre lea deux branches du Congrès, le Sénat ayant voté la création d'un dollar de 416 grains (26.9o6 grammes) à 0.900, dont la frappe aurait été libre, tandis que la Chambre adhérait au plan du gouvernement. On se borna, dans Vact du i" juin 1902 pour Tadministration civile des Philippines, à réglementer la frappe des monnaies divisionnaires d'argent et des menues monnaies (art. 77 à 82).
La question de l'étalon resta en suspens pendant plusieurs sessions, le Sénat se refusant à abandonner l'étalon d'argent, la Chambre se prononçant pour Tétalon d'or et pour l'introduction pure et simple du système monétaire américain. Finalement, on se mit d'accord sur un projet transactionnel qui est devenu la loi du ^2 mars 1903 (TAe Philippine Coinage Acl).
L'unité monétaire est un peso d'or de 12.9 grains à 0.900 (0.7o24 gramme de fin). Ce peso n'est pas frappé. Le dollar d'or des États-Unis (26.8 grains à 0,900 ou 1.8048 gramme de fin), a cours légal illimité pour 2 pesos. Le gouvernement des Philippines est autorisé à frapper, jusqu'à concurrence de 75 millions de pesos, un peso d'argent, du poids de 416 grains à 0.900 (24.26 grammes de fin) jouissant comme le dollar d'or du cours légal illimité K En résumé, 1 dollar d'or des États-Unis a cours pour 2 pesos; l peso d'argent est réputé équivaloir à 80 cents de monnaie américaine ^.
A L'intérieur du* pays, le maintien du pair légal a pour garantie la limitation de l'offre des pesos d'argent, qui ne peuvent être frappés qu'au compte du gouvernement, jusqu'à concurrence de 75 millions seulement, et que le Trésor est tenu
1. Il y a, en outre, des pièces d'argent (à 0.900) de 50, 20 et 10 centavos, dont le poids, d'abord fixé parla loi du !•' juin 190i, a été modirié par la loi du 2 mars 1903, une pièce de 5 centavos en nickel à :25 p. °/o, des pièces de 1 et 1/2 centavo en bronze. Les pièces d'argent ont cours jus((uà 40 dollars, les pièces de nickel el de bronze pour I dollar.
"2. Le rapport légal entre l'or et l'argent est de 1 à 32.:i4, le peso philippin contenant soit 2i.:2G grammes d'argent fin, soit 0.75*2 i gramme d'or fin. lîntre le demi-dollar d'or américain, équivalent au /îp^y philippin d'or, et la piastre mexicaine qui contient :Î4. 4388 dargenl fia, le rapport résultant du taux de i 2 dollar pour 1 p'aslre ressortait à 33.81.
390 LES IMITATIONS OE LA BEFORME IXOIEXKE.
d'ochaoger au pair contre la monnaie des Etats-Unis, or ou billets.
Si la dépréciation da peso à Tintérieur ne semble pas à craindre, elle est moins facile à prévenir dans les rapports avec i*extérieur. Le jour où les soldes seront débiteurs^ si Ton ne dispose pour payer que de pesos d'argent, le change ne hausserat-il pas très au-dessus du pair et du point de sortie de Tor? Pour parer à ce danger, la loi permet au Trésor colonial de délivrer des traites sur les États-Unis contre versement de piastres. Les pesos d'argent inexportables sont par là transformés en valeurs équivalentes à Tor. On a supposé que la hausse du change ne durerait pas et ne risquerait pas dimposer au Trésor des émissions de traites hors de proportion avec ses ressources, si les monnaies d'argent versées en échange des traites étaient conservées au Trésor. De celle façon, il se produirait un resserrement de la circulation, et, par suite, une hausse de la piastre qui renverserait le cours du change et le rendrait favorable.
En vue de permettre au Trésor colonial de remplir la fonction de régulateur de la circulation intérieure et des liquidations internationales, un Ad de la Commission de gouvernement des Philippines, du 10 octobre 1903 (The gold reserve Act), a institué un fonds de réserve et de garantie dit de Tétalon d'or {gold standard fund). La dotation initiale de ce fonds a été formée au moyen de l'émission, autorisée par la loi américaine du 2 mars 1903, de bons à court terme (trois mois à un an) en coupures de 23 dollars-50 pesos ou de multiples de cette somme, remboursables en monnaie d'or des États-Unis ou en monnaie légale des Iles. Ces bons, dont l'intérêt ne doit pas dépasser 4 p. °/o, sont exempts de toute taxe métropolitaine, coloniale ou locale. La valeur des bons en circulation peut s'élever à 10 millions de dollars, dont 3 millions pour achat d'argent destiné au monnayage.
Voici les opérations auxquelles peut être employé le gold standard fund : échanger au pair contre des piastres philippines los billets de banqueoud'Étataméricains, et réciproquement*;
1. Il a été question de suspendre l'échange des espèces philippines contre la monnaie des Ktats-Unis {Report on theiiUvoduction of the gold-excUauffe i,lan(hir(l, etc., l'JOi, p. 39.
LA OUESTION MONÉTAIRE AUX PHlLIPPINEji. 391
échanger contre delà monnaie philippine, à la condition qu'elle soit présentée par sommes de 5,000 dollars-10,000 pesos, et en prélevant une prime égale aux frais commerciaux de transport de New- York à Manille, delà monnaie d*or des États-Unis ou des barres d*or ; délivrer, contre versements de 10,000 pesos au moins en monnaie philippine ou de 5,000 dollars au moins en monnaie américaine, des traites à vue et des transferts télégraphiques payables sur les réserves établies aux États-Unis ou ailleurs, et, réciproquement, faire délivrer aux États-Unis des traites et câbles sur les Philippines, en prélevant dans les deux cas une prime, ^\ée par la loi à 3/4 p. % sur le papier à vue et à ^ Vs P- Vo sur les transferts télégraphiques, mais susceptible de modification par décision ministérielle. Les monnaies philippines versées au Trésor, en échange soit de traites, soit de billets de banque ou d'État ajnéricains, sont mises en réserve et ne peuvent rentrer dans la circulation que pour le paiement des traites délivrées aux États-Unis sur le gold standard fund des lies ou en échange de monnaies d'or américaines, de barres d'or ou de billets de banque ou d'État américains. De même les monnaies d'or américaines, les barres d'or, les billets de banque ou d'État américains entrés au Trésor en échange de monnaies philippines n'en peuvent sortir qu'en échange de monnaies philippines, ou, en.cas d'insuffisance de ces dernières dans la circulation, pour subvenir aux dépenses d'un monnayage supplémentaire.
Ces dispositions étaient combinées en vue de limiter le stock de monnaies en circulation, de façon à ce que la hausse d\xpeso put résulter de l'émission de traites sur les États-Unis, de même que la hausse de l'or résulte en général d'une diminution du stock de ce métal par l'exportation.
Le mécanisme qu'elles avaient organisé n'a pas joué tout d'abord. Les immobilisations de piastres philippines correspondant aux émissions de traites ont été compensées par des importations de piastres mexicaines. La circulation ne s'est pas resserrée, la piastre philippine n'a pas enchéri et le change ne s'est pas renversé.
Le gouvernement des Philippines, pour remédier à cette situation, a pris diverses mesures.
Une loi du 31 décembre 1903, conforme d'ailleurs aux dispositions de la loi américaine du 2 mars précédent, a démonétisé les piastres mexicaines. Les piastres hispano-philippines furent en vertu de la même loi. rachetables jusqu'au 1" juillet 1904 à un taux qui correspondait au prix que les banques donnaient des piastres mexicaines et qui représentait une majoration de 10 p. /.; elles devaient encore être reçues dans les caisses publiques, en paiement des sommes dues au gouvernement, du l- juillet au 30 septembre ; passée celte dernière date, elles ne devaient plus être acceptées que pour leur valeur métallique Une seconde loi du 14 janvier 1904 a prohibé l'importation des piastres mexicaines, des piastres hispano-philippines et de toutes autres monnaies dont la valeur ne repose pas sur lor
En dep.t de ces dispositions, le retrait des nouvelles piastres philippines versées pour acheter du change sur les États-Unis continuait à ne pas produire dans la circulation un resserre ment suffisant pour corriger le change. Peut-être y avait-il des importations de piastres mexicaines en contrebande. En tout cas, es exportateurs, les personnes qui employaient des salaries aisaient tout leur possible pour maintenir dans la circulation les monnaies anciennes, qui leur coûtaient moins que les nouvelles. Pour déjouer leur calcul, on imagina de taxer toutes es obligations contractées en monnaies de l'ancien svslème (local currencyK La loi du 27 janvier 1904' les soumiï sauf exception, à un droit de timbre dont le taux a été de 1 n »/ à partir du l" octobi. 1904, 2 p. »/„ à partir du 1" novemb;
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bre 1904. On assure que ces dispositions ont produit tout Peffet attendu au point de vue de léviction des anciennes monnaies» Néanmoins le mécanisme na pas immédiatement fonctionné" A Manille, on achetait bien les traites du gouvernement sur
Manille. L agence de ^ew-York ne retrouvait donc pas, par la
^. Ces différents textes ont été Dnhli«s<ï nm. u r> des changes étrangers dans on rapport de ? 0 CIT"'"?, ''■»«"^"'"'»«