‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 223 sur 260 · Lombard Slreet, p · texte numérisé non relu

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s'exposer à cette éventualité, en considération des avantages qu'il retire de la circulation de papier. Le risque accepté par le client d'une banque de dépôts n'est pas plus grand, toutes choses égales d'ailleurs; et, en retour de la confiance qu'il accorde au banquier, le déposant obtient ce double avantage de mettre son argent à l'abri des vols, et d'en retirer un intérêt. Un jour ou l'autre, on s'avise qu'il est plus avantageux de déposer ses fonds libres chez un banquier et d'en disposer au moyen de chèques, que de les conserver chez soi improductifs tout en se servant, dans les échanges, de promesses de payer souscrites par le banquier. A partir de ce moment, la circulation des billets diminue, tandis qu'augmentent les dépôts et la circulation des chèques.

Le raisonnement qui vient d'être fait semble très simple. Cependant il faut beaucoup de temps pour que le public le fasse, et ce temps varie suivant les pays et l'organisation de leurs banques.

En Angleterre, il y a fort longtemps que Ton s'est rendu compte des avantages du système des dépôts. La raison en est, sans doute, dans cette circonstance que le public ne se trouvait pas en présence d'une grande banque d'émission en possession d'un monopole, mais d'un grand nombre de banques locales qui, tout à la fois, émettaient des billets et recevaient des dépôts. Les particuliers ne pouvaient manquer de s'apercevoir que les risques courus, au cas de faillite de la banque , ne seraient pas plus grands si les billets souscrits par elle étaient dans ses coffres à titre de dépôt, au lieu d'être dans les leurs.

A Londres en particulier la pratique des dépôts est fort ancienne. Le chèque apparaît au temps de la République. Un contemporain signale comme une innovation *, qui, d'ailleurs ne paraît nullement avoir ses sympaihies, « le système de recevoir et de payer de l'argent, depuis le malin jusqu'au soir, dans une boutique ouverte». Les banquiers de Londres, comme les anciens orfèvres dont ils étaient les successeurs directs, émettaient alors des billets {pi'omn^ory notea) en même temps qu'ils

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