PRÉSIDENT DE L*ÂCADÈMIB DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES
le 30 novembre 180j.
Le livre de M. Arnauné sur la monnaie est très complet, Ivbs scientifique et très pratique. La commission mixte qui l'a étudie l'a qualifié d'excellent. M. Arnauné est le défenseur de la bonne monnaie et du respect des contrats par les gouvernements comme par les particuliers. Au milieu des controverses si vives qu'ont'soulevées la baisse des prix et les tentatives faites pour les relever» bien des erreurs de principe et de faits se sont répandues. Aussi l'ouvrage de M. Arnauné est-il particulit-rement opportun, fl roclillcra beaucoup d'idées et d'appréciations fausses, car il a le grand mérite de faire connaître de la façon la plus impartiale et la plus intéressante, sous une forme nette et concise, les principaux résultats de la pratique et de Texpérience scientifique.
EXTRAIT DU RAPPORT DE M. Ciî LYON-CAEN
l'oun LE PRIX Le Dissez de Penanhun (189o).
Le livre de M. Arnauné est consacré à l'étude des questions les plus graves qui préoccupent et qu' S>isent les économistes ci les financiers de notre temps; il traite de la circulation monétaire et de la circulation fiduciaire. L'auteur ne s'est pas proposé, à l'imitation de beaucoup d'autres, de donner des solutions nouvelles destinées à concilier lous les intérêts et à faire disparaître tous les maux. Laissant de côté toute prétention à la découverte de théories inconnues, renonçant à touteîntention de polémique, il recherche et expose les ]>rincipes généraux permettant d'apprécier les mérites d'un système monétaire et d'une bonne circulation fiduciaire. Pour dé^'ager ces principes, pour en établir l'exactitude, il suit la nitMlleurc des méthodes; il«'appuie princi|)alement sur les faits, il constate quelles conséquences ont produit, dans un certain nombre d'Élal>, les divers systèmes jusqu'ici adoptés.
L'ouvrage est divisé en trois parties principales. La première, intitulée : La circulation, ses instruments, son mécanisme, est une étude d'ensemble formant une sorte d'introduction générale. La nature,
Vï RAPPORT DE M. CH. LÏON-GAEX.
les («onctions, les rèles respectifs des divers instruments de la circu> lation, monnaie d*or et d'argent, lettres de change, chèques, billets de banque, valeurs mobilières, y sont déterroinés avec une rare précision. Cette première partie contient un examen des canses diverses qui, durant le xix« siècle, ont amené des variotions considérables •ilans la valeur des métaux précieux, spécialement dans celle de l'argent. Il faut signaler aussi un luminoux exposé de la théorie des changes étrangers qui domine le problème monétaire. De nombreuses explications techniques facilitent Tintelligence des questions d'échange et nulle part on ne trouve plus d'indications exactes sur les opérations auxquelles donnent lieu les variations dans le cours du change.
La seconde partie est relative aux systèmes de monnaies métalliques. C'est une sorte d'enquête pleine de renseignements et de documents. Les systèmes monétaires de la France, de l'Angleterre, de TAllemagne, dos Ktats-Unis d'Amérique sont successivement décrits et caractérisés; les résultats principaux, produits par chacun, .«ont indiqués. Tne part est faito également aux systèmes monétaires spéciaux do Flndo-Chine et des Indes anglaises.
La troisième partie do Fouvrace concerne les systèmes de la circulation fiduciaire. Celle-ci comprend deux éléments principaux : le papier de commerce, c'est-à-dire les lettres de change et l^s billets payables par les commerçants ordinaires, puis le papier de banque, c'est-à-dire les billets et les chèques payables par les banquiers et les établissements de crédit. Par suite du développement de la fortune mobilière et des opérations de bourse, il faut y joindre les valeurs mobilières, fonds publics, actions et obligations des sociétés. La nature du billet de banque, les conditions de son émission dans les principaux Etats, sont successivement passés en revue et les conséquences du cours forcé sont exposées et appréciées. Un chapitre est éjtçalement consacre'aux chè(iues et aux chambres de compensation ; l'auteur y fait ressortir par des chiffres comment lès chèques peuvent suppléer aux (espèces méUilliques et permettre d'exécuter avec une quantité relativement limitée de numéraire, des opérations s'élcvant à des chiffres considérables.
Toutes les questions de quelque importance, se rattachant à la circulation monétaire et à la circulation fiduciaire, sont ainsi examinées dans cet excellent ouvrage. Au milieu des controverses .si vives soulevées par la baisse des prix et des tentatives faites pour les relevef, bien dos erreurs de principe ou de fait sont chaque jour commises.
L'ouvrage de M. .Arnauné est particulièrement opportun; il servira à rectifier beaucoup d'idées et d'appréciations fausses. Il a le grand mérite de faire connaître de la façon la plus impartiale et la plus intéressante, sous une forme nette et concise, les principaux résultats de la pratique et de l'expérience scientifique.