‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 5 sur 260 · ÛE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

ÛE LA PREMIÈRE ÉDITION

Le titne de ce livre, La Monnaie^ le Crédit et le Change^ est emprunté au cours que Tauteur professe, à TÉcole des Sciences Politiques, depuis 1885-86.

Comme le cours, le livre est affranchi de toute intention polémique. Les questions monétaires de ce temps y occupent une place proportionnée à leur importance, qui est considérable. Mîtis le livre vise au delà : il a pour objet la recherche des principes généraux qui permettent d'apprécier la qualité d'une circulation et le mérite d'un système monétaire.

C'est par Tétude des faits que Tautour s'est efforcé de dégager ces principes.

Il a choisi, pour en tracer les caractères essentiels et en constater le fonctionnement, les systèmes de monnaies métalliques d'un certain nombre de pays : celui de la France, qui oflVe un exemple remarquable de ralternance des étalons dans l'organisation bimétallique ; celui de TAngleterre, type du monométallisme fondé sur l'or : ceux de TAllemagne et des États-Unis, dont l'histoire fait apparaître les difficultés que suscite un changement de législation monétaire ou l'impuissance des pouvoirs publics à régler l'usage des métaux précieux; celui de l'Indo- Chinc française, spécimen curieux du monométallisme à base d'argent. Pour les systèmes de circulation fiduciaire, l'auteur s'est attaché, de même, à se placer le plus possiblo en présence des faits. C'est avec cette préoccupation qu'il a expliqué les conditions de l'émission du billet de banque en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, exposé les conséquences du cours forcé en France, en Angleterre, aux Etats-Unis, en Italie, décrit le système du chèque et des

VIJI AVEBTISSEMENT.

compânsalions en Angleterre, aux Elals-Unis et en France, qu'il a recherché, enfin, quel est le gage de Ténorme quantité de titras de créance, lettres de change, billets de banque, chèques, qui constituent la circulation fiduciaire des grandes nations commerçantes.

Une étude d'ensemble sur les instruments et le mécanisme de la circulation précède cette série d'enquêtes. Il a paru qu'elle en était le préliminaire indispensable. La nature et la fonction de chacun des instruments de la circulation, monnaie, lettre de change, billet de banque, chèque, valeurs mobilières, y sont définies ; leur importance relative, le mode suivant lequel ils concourent aux mouvements des capitaux y sont déterminés. On trouvera notamment dans cette partie du livre, une discussion des causes qui ont provoqué les variations de la valeur des métaux précieux depuis le milieu de ce siècle, et l'expose de la théorie des changes étrangers. Sur ce dernier point, l'auteur a cru devoir donner de nombreuses explications techniques, établir une sorte d'abécédaire destiné à faciliter Tintclligence de cette question très spéciale, mais dont l'importance est extrême, car elle domine, à vrai dire, tous les problèmes monétaires.

Telle est précisément la conclusion générale de ce livre. C'est la condition du change sur l'étranger qui dénonce avec certitude l'état de la circulation et la valeur de l'organisation métallique ou fiduciaire d'un pays. Faut-il ajouter cette autre conclusion, qu'une circulation dépréciée est un grand mal ? La proposition peut sembler évidente l)ar elle-même. Peut-être, cependant, vaut-elle la peine il'être formulée une fois de plus, car beaucoup semblent l'avoir oubliée. Peut-être aussi est-il utile, comme on a cherché à le faire, de signaler à nouveau les voies qui conduisent directement à la dépréciation de la monnaie et à l'abaissement du crédit.

Avnl 1894.

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