‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 44 sur 260 · LES VALEURS MOBILIÈRES · texte numérisé non relu

LES VALEURS MOBILIÈRES

sable que celle de toute autre. « Quand il s'agit de valeurs réelles, observe à ce sujet M. Léon Say, c'est-à-dire de litres de chemins de fer productifs, ou de rente d'État d'un crédit reconnu, il y a toujours une possibilité de vendre. Il pourra être quelquefois nécessaire d'abaisser considérablement les prix ; mais quand on aura atteint un certain minimum, on trouvera toujours des preneurs. »

« C'est encore une qualité du titre, cet article spécial d'exportation ou d'importation, qu'il est plus facilement réexportable que tout autres » On ne trouve pas toujours à réexporter du coton ou du blé. On est toujours sûr de trouver le placement de son or quelque part. Il en est de même des titres. « On importe des titres italiens en France ; si on ne les place pas en France, on pourra les placer en Allemagne, ou en Angleterre, ou en Italie même *. » '

Les valeurs de Bourse sont ainsi aptes à jouer le même rôle que le numéraire. Comme lui, elles se déplacent facilement, passent et repassent la frontière, sont importées et réexportées au gré du commerce, sans être arrêtées comme les marchandises ordinaires par les difficultés ou le prix des transports.

Un exemple souvent cité d'exportation de titres est la vente que la Banque de France fit, en 1846 et 1847, à TEmpereur de Russie, d'une portion de ses rentes sur l'État pour un capital de 50 millions, payable en argent ou en lettres de change sur Paris. Cette opération eut pour effet d'apaiser la crise monétaire et commerciale qu'avaient provoquée les mauvaises récoltes. « Il avait fallu importer une quantité considérable de céréales et les payer en numéraire. Une très forte partie des importations provenant de la Russie méridionale, c'est à ce pays que la France devait une proportion notable de la somme à exporter. Par conséquent, en vendant des rentes françaises à l'Empereur, la Banque acquittait de cette manière la dette de la France envers la Russie, et au lieu d'avoir à expédier une portion de son numéraire, ce fut la France qui eut à recevoir un solde métallique de ce pays. Le gouvernement russe acheta

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