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LES VALEURS MOBILIÈRES

siste en deux barres parallèles tracées verticalement sur le chèque. Un chèque ainsi barré ne peut être encaissé que par ]an banquier. Si le nom d*un banquier est inscrit entre les deux barres, c'est ce banquier seul qui peut réclamer le paiement du chèque. Cette modalité a été introduite pour obvier aux risques de perte et de vol particuliers aux chèques payables au porteur. La personne qui a trouvé ou volé un chèque croisé, hésitera sans doute à^ en tenter l'encaissement, car elle serait tenue de recourir à l'intermédiaire d'un banquier, qui exigerait de son client de rencontre des justifications d'identité que le banquier tiré, tenu de payer à présentation, ne peut réclamer utilement. Les conséquences économiques du crossing vont très au delà du but essentiellement pratique qui l'a fait imaginer. C'est la généralisation de cette modalité qui a donné au chèque toute sa puissance de compensation.

§ 4. — Les valeurs mobilières.

Le développement extraordinaire des valeurs de bourse depuis une soixantaine d'années a mis à la disposition du commerce de nouveaux et puissants moyens de transport des capitaux. Ce ne sont plus seulement les créances de sommes d'argent exigibles, qui, par leur incorporation dans des titres négociables, lettres de change, billets à ordre ou au porteur, chèques, servent à faire circuler les richesses. Les valeurs de bourse, titres de rente^ actions, obligations, sont affectées au même office.

Dans une introduction à la première édition française de la Théorie des changes étrangers de M. Goschen, aussi connue que ce traité lui-même, M. Léon Say a merveilleusement mis en lumière ce rôle tout moderne du titre de bourse :

« Le grand progrès de notre siècle, dit M. Léon Say..., est d'avoir si bien combiné la propriété et le titre de propriété, que le titre soit, en effet, devenu identique à la propriété ellemême... Cette représentation absolue de la propriété par le titre a fait disparaître toutes les difficultés qui entravaient l'échange et la transmission des droits de chacun sur toutes " choses. On envoie aujourd'hui dans une lettre, de France en

76 LA CIRCULATION PIDUCIAIRB.

Angleterre, d'Angleterre au Canada, de Hollande aux Indes, et réciproquement, les usines, les fabriques, les chennins de fer, tout ce qui se possède en un mot. La chose reste immobile, mais son image est sans cesse transportée d'un lieu dans un autre ; c'est comme un jeu de miroir qui enverrait un reflet au bout du monde. Le miroir s'incline et le reflet va frapper plus haut, plus bas, à droite, à gauche. La chose est dans un lieu, mais on en jouit partout. Qui a le reflet la possède...

« Le titre, au point de vue des relations internationales, n'est plus qu'un article d'exportation, comme le coton, comme le blé. Un pays où il se crée plus de titres est un pays qui voit augmenter ses facultés d'exportation, absolument comme un pays oti il pousse plus de blé. Il va sans dire que, si le titre repose sur une valeur absolument nulle, le pays qui l'aura vu naître n'en sera pas plus riche pour cela ; de même que, si le grain était vide, ce serait exactement comme si le blé n'avait pas poussé. Mais c'est un point de vue qui, tout important qu'il soit, ne rentre qu'indirectement dans notre sujet. Ce que, nous voulons établir, c'est qu*à supposer le titre bon, de mémo qu'à supposer le blé bon, le pays qui produit des litres en abondance augmente ses facultés d'exportation. »

Ce n'est pas seulement le pays qui produit le titre, pour se servir des expressions de M. Léon Say, qui peut employer ce genre de valeur à solder sa balance extérieure. Il existe un certain nombre de fonds d'État et de valeurs qui ont un marché international, non qu'ils soient toujours meilleurs que les autres, mais pour un motif presque contraire, parce que les pays qui les ont créés, manquant de capitaux, ont dû faire appel aux capitalistes étrangers et faire leurs émissions au dehors. Ainsi la rente italienne a été placée en grande partie à l'étranger, en France notamment où l'appelaient de chaudes sympathies politiques. Nous détenons maintenant de grandes quantités de titres russes, qui sont également cotés sur d'autres places étrangères.

Lorsque la place débitrice veut, faute de moyens de compensation, employer des titres à se libérer, elle les fait vendre àla Bourse de la place créancière. C'est une marchandise, en eflFet, mais une marchandise dont la valeur est plus facilement réalt*

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