‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 74 sur 260 · ENTRÉE ET SORTIE DES UBTAUX PRÉCIEUX · texte numérisé non relu

ENTRÉE ET SORTIE DES UBTAUX PRÉCIEUX

Si la hausse du change favorise parfois les exportations, elle oppose, au contraire, un obstacle aux importations de produits étrangers. Oeux-ci renchérissent d'abord dans la me&ure même de la dépréciation de la monnaie qui sert à les payer : le commerçant qui, pour ses règlements, ne dispose que d'argent ou de papier discrédité doit naturellement donner une somme nominalement plus forte que s*il livrait de Tor. En outre, les brusques variations du change pouvant modifier les cours en vue desquels Topération commerciale a été combinée, le vendeur, pour se couvrir de cet alea^ essaye de relever encore ses prix. L'importation des produits étrangers en est rendue d'autant plus difficile.

La difFérence de change agit ainsi à la manière d'un droit protecteur et d'une prime à l'exportation. Cela peut passer pour un avantage aux yeux des partisans du système protecteur; l'avantage est minime, si c'en est un ; il est en outre compensé, M fort au delà, par les conditions désastreuses qui sont faites à l'industrie et au commerce dans les pays à circulation dépréciée *.

§ S. — Relations entre les cours du change, les mouvements' d'entrée et de sortie des métaux précieux, le prix de ces métaux et le taux de l'escompte.

L Relations entre les cours du chawoe et les mouvements d'entrée et de sortie des métaux précieux. — Il faut examiner la question successivement pour le papier court et pour le papier long.

Papier court, — On a vu que le prix du papier court ne peut dépasser en hausse le point de sortie, en baisse le point d'entrée de For. Réciproquement, le numéraire est exporté lorsque le change atteint le point de sortie, et rentre lorsque le change atteint le point d'entrée.

La quotité des gold points dépend tout à la fois du prix de l'or et de la forme sous laquelle il est envoyé : monnaies de

frets. V. l'article de M. JugJar, déjà cité, p. 44, et Indian currency CornmiUee, i89$. Index and appendices, p. 489. 1. V. infra, lli* partie, chap. i, § 2.

la place créancière ; lingots ; monnaies de la place débitrice.

Supposons que Paris ait un paiement à faire à Londres et que i*or soit coté 2.163 p. Voo de prime ou 3,444 fr. 44 c, c'està-dire exactement au prix duquel découle le pair de 35.2âl pour la livre sterling*.

Le pair de la livre sterling étant 25.221

et les frais de transport entre Paris et Londres représentant 1 Vî p. '^/oo, soit, pour 2o.22l 0.037

lorsque le cours du change dépasse :2d.258

il est préférable d'envoyer des souverains.

C'est l'hypothèse laplus simple, celle où l'envoi de numéraire n'occasionne d'autre dépense que les frais de transport du numéraire (fret et assurance).

Mais il arrive qu'on n'ait pas de souverains à envoyer et qu'on ne dispose que de lingots ou de pièces d'or françaises. La dépense est alors supérieure à 1 Va P- %o, et il vaut mieux acheter dji papier, même au-dessus de 2o.2S8.

Pourquoi le paiement en lingots ou en pièces d'or françaises coûle-t-il plus cher? C'est que le créancier anglais n'est pas tenu de les accepter. Il faut donc les faire transformer en souverains par la Monnaie, ou les porter à la Banque d'Angleterre, que sa charte oblige à les acheter comptant.

La Banque paie l'once iroy de lingots au titre standard 77 shilings 9 pence, soit 136.3485 livres sterling le kilogramme de fin.

La parité de la livre sterling ressort ainsi à :

Les frais de transport à 1 Va P- °/oo se montant à . . 0.038 il y a intérêt, lorsque le change dépasse. ...... 2u.3O0

à expédier des lingots. La hausse sur le pair est de 3.13 p. 7oo- Passons aux pièces de 20 francs. Le prix auquel la Banque les achète est variable. Supposons qu'il soit de 76 sh. 4 Va pence par once brute, soit 122.7755 liv. st. par kilogramme de pièces (valant à Paris 3,100 francs). A ce taux, si les pièces sont

1. Le pair du change ne correspond pas au pair de 3,437 francs, par rapport auquel sont cotées les variations du prix de l'or en barres. Le prix de 3,437 francs est obtenu en déduisant du prix du kilogramme de fm, 3,444 fr. 44 c. les frais de monnayage, 7 fr. 44 c.

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