‹ La monnaire, le crédit et le changeChapitre 87 sur 260 · ETALON FIDUCIAIRE · texte numérisé non relu

ETALON FIDUCIAIRE

pagne n'étant pas tenue et n'étant d'ailleurs pas en mesure de le rembourser en or*.

Comment expliquer qu'en Espagne, contrairement à ce qui s'est passé en France, le rôle d'étalon soit échu au papier? On en aperçoit deux raisons. D'abord, Ténorme baisse de l'argent: tandis que de 1820 à 1850, la perte subie par ce métal était minime, la réduction de sa valeur a été telle depuis 1870 que la dépréciation du billet espagnol a pu ne pas l'égaler. Puis la circulation très étendue du billet espagnol : au lieu qu'en France jusqu'en 1850, le billet n'était guère employé qu'à Paris, le billet de la Banque d'Espagne, largement répandu, a pu devenir une monnaie principale. Des circonstances semblables avaient amené la substitution en Autriche-Hongrie, de la valuta, autrement dit du florin-papier, au florin d'argent et, en Russie, du rouble-crédit au rouble d'argent. Il y a seulement cette différence entre le cas de l'Espagne et ceux de l' Autriche-Hongrie et de la Russie que, dans ces deux derniers pays, l'éviction de Tor était due, non au libre monnayage de l'argent, mais à la dépréciation des billets de banque ou d'Etat à cours forcé*.

L'étalon fiduciaire est toujours déprécié ; dès que cesse, en effet, lamoins-valuedu billet, le numéraire rentre et l'étalon ne tarde pas à redevenir métallique. Cette dépréciation de l'unité fiduciaire a pour contre-partie la hausse des prix. La prime du métal atteste la baisse de la valeur de change ; renchérissement général des marchandises et des services témoigne de la diminution du pouvoir d'achat du papier dans la circulation intérieure.

La baisse de la valeur de change ou, ce qui est la même chose, la hausse de l'or en monnaie de change, se conçoit aisément, l'or étranger et le billet national étant nécessairement comparés

l'acceptait pour sa valeur nominale en francs, bien plus élevée que sa valeur fiduciaire. Pour maintenir en Italie les monnaies divisionnaires de la péninsule, il a fallu en supprimer l'admission dans les caisses publi([iies des autres puissances latines et en prohiber l'exportation. V. infva, lï« partie, chap. m, § !•'.

i. Le billet est remboursable et remboursé en monnaie d'argent : il n'a donc pas cours forcé.

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