REPAS D UOM-MES
Gomme un gardien avec le fer pique des bêtes, J'entretenais leur rut de propos singuliers Et mon propre poison me montant à la tête, Du feu que j'allumais je me mis à brûler.
u Dans un appartement profond, tendu de soie, Sous la veilleuse rose et sous le baldaquin, Elle dort presque nue et sa peau qui chatoie Semble un bijou charnel serti de linge fin.
« Quand elle se repose elle a l'air d'une vierge. C'est une courtisane au premier mouvement Et sa gorge à minuit de la chemise émerge Gomme une pulpe d'or où vivent des ferments.
« Dans un demi-sommeil impudique et candide, Elle se pâme en m'attendant, vivante croix. Suivez-moi. Vous verrez que son corps est splendide, Qu'elle a la jambe longue avec le buste étroit... »
Et l'avide troupeau qu'une flamme ensorcelle Suivit le possédé que j'étais devenu.
Il faisait une nuit d'orage chaude et belle... Dans les nuages se tordaient des êtres nus...
34a LE HUITIÈME PECHE.
Les restaurants vibraient d'orchestres erotiques, Des spasmes cadencés secouaient les maisons, La ville tressaillait d'un rythme fantastique Où se mêlait l'étreinte avec la pâmoison.
« Il est tard... Que fais-tu... C'est moi, ma bien aimée. Les meubles, les tapis me soufflaient son odeur... Quand ma main se posa sur la portée fermée Je défaillis d'espoir, de désir et d'horreur.
Je la pris par le corps et j'allumai la chambre, Et j'arrachai le linge et les draps. La voilà ! Un parfum de cheveux, de lemme blonde et d'ambre M'enivrait. Allez donc, les bêtes, prenez-la...
Et sur l'être charmant qui criait d'épouvante Dont j'avais adoré le cœur et la beauté, Qui me tendait ses mains blanches et suppliantes, Les trois fauves aux groins affreux se sont jetés.
Plus tard j'ai ramassé les roses écrasées Qui faisaient sur les draps de grands cercles de sang. Maîtrisant mon dégoût et domptant ma nausée. J'ai recouvert de fleurs le corps éblouissant.