‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 11 sur 138 · LES EPIIEBES ET LA FEMME HYDROPIQUE · texte numérisé non relu

LES EPIIEBES ET LA FEMME HYDROPIQUE

Les éphèbes avec des ceintures cerise.

Leur peau brune poncée et les chevilles prises Par des anneaux de cristal vert, dansaient entre eux, Dans le salon grenat, odorant, ténébreux... Quelques-uns agitaient des éventails de soie Ou, le corps frémissant d'une bizarre joie. Se pcàmaient au milieu des coussins nuancés D'un art tel que les uns évoquaient le passé, Et d'autres les plaisirs pervers, d'autres les rêves. Dans un vase d'onyx croissait l'arbre sans sève. Et le plus beau parmi les beaux adolescents A peine assis au bord d'un sopha bleuissant,

Son front frisé penchant sur son poignet fragile

Chanta l'étreinte vaine et les amours stériles.

La porte alors s'ouvrit, laissant passer le vent

Et la femme hydropique avec ses seins mouvants,

Sa bouche, ses grands pieds, et son odeur de femme.

Entra, hurlant un sexuel épithalame,

Des paroles de chair, des mois de rut chargés.

Elle roula parmi les coussins dérangés,

S'aplatit en riant, s'affala dans sa force

Et d'un éphèbe évanoui saisit le torse...

Dans leur fuite éperdue au fond du corridor,

Les éphèbes courant perdent leurs bagues d'or

Et plus loin dans la cour que les jets d'eaux arrosent

Tombent leurs anneaux verts et leurs babouches roses.

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