VIEILLESSE
Je serai l'automate à ressorts, au teint jaune, Le mannequin vivant, le maigre épouvantail Et l'on chuchotera les surnoms qu'on me donne : Le cadavre au bouquet, le spectre à l'éventail.
Je serai la ruine en parfums que délabre
Le poison de l'acide et le suc de l'onguent,
Le galantin fardé, le cavalier macabre
Qui se cambre et sourit dans un bruit d'ossements.
— 0 pouvoir qui déiruis et fais naître, ô nature! Fais-moi mourir avec des cheveux et des dents, Des possibilités d'amour sur ma figure Et des lèvres pouvant embrasser en mordant...
Fais-moi mourir ce soir si la moindre faiblesse Dans mon sang et mes nerfs doit se faire sentir, Drapé dans ce soleil couchant de ma jeunesse Qui me donne un regain plus puissant de désir!