LE NOUVEL ORPHELINAT
Nous n'avions ni bâton, ni coiffe, ni bouteille... Par les trous de la robe on voyait notre corps. Nous courûmes longtemps sur des routes vermeilles Et pour nous voir passer se soulevaient les morts...
Nous ne comprenions pas pourquoi la maison blanche, Le dortoir peint de chaux, les longs couloirs dallés, Et la chapelle avec les cloches du dimanche Et le cloître et la cour, tout s'était écroulé.
Des hommes qu'on croisait nous disaient : Fuyez vite! Dans un canal tomba la plus grande de nous. Nous avions faim, nos pieds saignaient, la plus petite Se coucha pour mourir sur un tas de cailloux.