‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 123 sur 138 · LA MALEDICTION · texte numérisé non relu

LA MALEDICTION

Des nonnes, d'un couvent sortiront demi-nues; Des poils drus sur leur corps se mettront à pousser; Des mufles remplaçant leurs faces ingénues, Aux bassins des jardins elles iront lamper.

Les rires casseront les dents comme du verre,

Les larmes brûleront comme du vitriol,

Les yeux dans un bruit mou tomberont des paupières.

Des goitres monstrueux traîneront sur le sol.

Les monuments vivront et vibreront de râles, Ils se pénétreront entre eux avec fureur. Les piliers fouilleront au fond des cathédrales, Le ventre de la voûte et le sexe du chœur.

Des casernes éclateront comme des bulles. On entendra craquer les échines des ponts. Les usines perdront par d'énormes fistules L'amas liquéfié de leurs productions.

L'air s'empoisonnera de mille pourritures.

Des gaz exploseront au-dessus des charniers.

Les eaux de la rivière auront des boursouflures,

S'épaissiront, seront un afflux de fumier,

aS LE MASQUE DE LA BEAUTÉ PERDUE.

Puis la ville, séchant comme une chrysalide Périra d'une étrange ossification, Les fenêtres seront de grands orbites vides Dans les têtes de mort branlantes des maisons.

Les clochers auront l'air de fémurs fantastiques. Les tours, de tibias déformés et géants. Sur l'immense squelette aux vertèbres de briques, Les soirs épais mettront le souffle du néant.

Et dix raille ans après, venus des antipodes. Deux enfants nus s'assiéront là, feront du feu Dans les amas ensevelis où le vent rôde... Ils auront la cité maudite au fond des yeux.

Et ne comprenant pas la chute et le mystère.

Ils riront et se montreront avec la main

Des rats géants, de loin, dans les couloirs des pierres

Qui, tristes, les suivront avec des yeux humains.

LE VOYAGE FANTASTIQUE

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