‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 125 sur 138 · LA VALLEE DES LARVES · texte numérisé non relu

LA VALLEE DES LARVES

Les monstres vagissants enfantés par la femme Etaient amoncelés sur les rochers crayeux... Certains ouvraient des yeux énormes et sans flammes, De frêles cous pliaient sous des crânes laiteux.

St d'autres éclataient de sang pâle et de glaire Riaient avec un rire édenté de vieillard. Des corps mous et bouffis sortaient du sol calcaire, Semblaient en s'étaîant de vivants nénufars.

Un vent froid remuait ce peuple en cartilages, Ces larves sans contour, ces germes suintants Et la vallée avec ces blanchâtres visages Ressemblait la saaie et le pus du printemps.

288 LE VOYAGE FAMASTIQUË.

La Parque descendait près de moi la colline. Elle était belle et triste en le déclin du jour Et vers le sol vivant courbant sa grande échine Elle touchait du doigt les monstres tour à tour.

Et tout le mal inscrit au livre des ténèbres Pénétrait ces cerveaux corrompus en naissant. Il dessinait les traits, durcissait les vertèbres, S'infiltrait dans leurs nerfs et coulait dans leur sang.

De sorte que ces crânes mous en apparence Renfermaient cependant la pierre de l'orgueil, La colère de marbre et les fureurs immenses Qui devaient déchaîner les douleurs et les deuils.

Les visages réduits prenaient des bouffissures De haine, devenaient tout à coup malfaisants. Ces fœtus irrités dans des caricatures De combats, essayaient leurs gencives sans dents.

Ils se dressaient grotesquement sur les chevilles - Et tentaient de leurs mains sans ongles de frapper, Ou rampant sur le ventre ainsi que des chenilles Ils se pressaient avec efiFort pour s'étouffer.

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