LA VALLÉE DES LAHVES
Mais la Parque toujours touchait les petits êtres Et tranquille marchait vers le soleil couchant Et toujours par milliers ceux qui venaient de naître Affluaient à ses pieds comme l'herbe des champs.
Et je lui dis : « Ceci n'est qu'ortie et qu'ivraie ; Dans cet endroit maudit pourquoi porter tes pas Puisque l'enfance humaine est une grande plaie Qui coule et s'agrandit et ne guérira pas? »
Et la déesse alors au fond de la vallée S'arrêtant, me montra dans un entassement Effroyable, au milieu des formes emmêlées, Un visage, rien qu'un, mais sensible et charmant...
Et le soleil mourant sur cette maladie De la terre éclaira dans l'humus qui poussait Un œil déjà bleuté par la naissante vie Un tremblotant éclat d'âme qui paraissait.
Et la Parque me dit : u Tout le mal de la terre Est payé par un seul, s'il est vraiment humain. » Et je la vis partir tranquille et solitaire Parmi le flot montant des monstres enfantins.