LA PRINCESSE ET LES LAQUAIS
Elle fuma, croisant ses jambes sur la table, Culbutant de son pied les cristaux et les fleurs, Et l'âme en proie à un génie inexorable Elle cria des mots grossiers avec fureur.
Un tzigane jouait une valse en sourdine, Un autre maintenait une fille sous lui. Les bouteilles gisaient comme des javelines Dont la flamme à travers les gorges avait lui.
Et vautrée au milieu des plats d'or et des grappes, Son dos clair s'écrasant sur des magnolias, La robe déchirée, ayant pour lit la nappe, La princesse pâmée au laquais se donna.
L'aube cristallisa l'hôtel parmi les ombres... La goutte d'un bijou qu'on perd... Un pas qui fuit.. Un bruit de porte... Un corridor... des formes sombres. La grosse main carrée où sautent des louis...