‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 17 sur 138 · LES CHAMBRES DE L'HOTEL · texte numérisé non relu

LES CHAMBRES DE L'HOTEL

Les chambres de l'hôtel communiquent entre elles.

Je regarde au retour du vieux minuit fidèle,

Solitaire, allongé dans un banal fauteuil,

La porte peinte en blanc, la porte dont le seuil

A tous les imprévus des rencontres s'oppose.,.

Que d'êtres séparés par cette porte close

Qui pourtant se seront côte à côte étendus.

Tant d'amitié peut-être et tant d'amours perdus !

Je fais l'ombre et je vois un rais clair sous la porte...

Dans la chambre voisine on veille et l'air m'apporte

Un parfum... Puis des pas étouffés... On dirait

Une robe qui tombe... Un bruit de bracelet

Sur du marbre... Quelqu'un guette ma chambre obscure,

Dans cette goutte de clarté qu'est la serrure...

L'hôtel silencieux repose... mon cœur bat...

Au loin un fiacre passe et je ne bouge pas...

Et soudain dans réclat d'une lumière brusque,

Longue et splendide, ayant le torse qui se busqué,

Avec un diaman entre ses seins qui luit.

Une femme apparaît sur la porte, sourit,

Fait un geste amical bizarre... Une seconde

Et rien de plus... Et puis l'obscurité profonde,

Un rire de cristal et le bruit d'un verrou...

— Dans quel soir ai-je vu flamboyé ce bijou?

Quel est le souvenir de cette ressemblance.'^

Le rais clair... Le fauteuil... Les heures... Le silence.

Oh ! rêves de minuit dans ^es chambres d'hôtel,

Quand sonne la pendule au cœur surnaturel!...

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