LE JARDIN MAUDIT
Ils ont cueilli des fleurs dans le parterre étrange Et sur ma bouche ils sont venus les écraser Et j'ai senti le goût humide du mélange Des végétaux, du suc humain et du baiser.
Un soleil déformé, jaunâtre, bas, énorme
Se reflétait sur des marais de désespoir...
Et les plantes sans nom et les humains difformes
Se mêlaient dans l'éclat du fantastique soir...
Et moi, je n'ai pas fui parmi les crucifères, J'ai regardé jaunir le jardin sans regrets. Je me suis rappelé que c'étaient là mes frères. Que j'allais devenir leur pareil. J'ai pleuré...
— Ayant pris l'être aux yeux de serpent comme guide, En mars, dans le mois de la guerre, un vendredi. Moi, l'homme, avec mon cœur qui fut jadis candide. Voilà ce que j'ai vu dans le jardin maudit.