‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 23 sur 138 · LA FILLE DU SULTAN · texte numérisé non relu

LA FILLE DU SULTAN

La fille du sultan dans sa robe à scquins,

Toute menue au fond de l'clrolt palanquin,

Rêve de supprimer l'horrible forme mâle.

Parfois ses longs doigts peints qu'encerclent les opales

Frôlent la favorite assise à ses côtés.

Ses yeux verts sont perdus sous de grands cils bleutés..

Malheur aux jeunes gens qui viennent sur leur porte

Ou sortent des bazars lorsqu'avec son escorte,

Ses eunuques et son grand tigre apprivoisé,

Serrant ses petits seins sous sonchâle croisé,

Elle rêve aux beautés des lignes féminines.

Malheur aux jeunes gens qui sortent des piscines

68 l'ane a cornes.

Et marchent au soleil couverts de gouttes d'eau.

Ils sont à coup de fouet attachés dos à dos,

On les mène au palais, on en fait des eunuques.

Quand ils sont épilés, revêtus de perruques

Et de robes, sanglants et des chaînes aux pieds,

Demi-hommes déchus en femmes habillés,

La fille du sultan à son balcon regarde

Heureuse et frissonnante, et fait signe à ses gardes

De les frapper plus fort de la lance ou du fouet

Afin qu'ils la supplient de leur voix en fausset.

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