LES CASTRATS
Les castrats, daus la cour, parqués comme des bôt».'s.
Se rappellent les soirs de puissance et de fête
Où parmi les sorbets, les pastèques, les vins,
Sur les tapis creusés par le désir divin
Ils possédaient le corps des filles barbaresques.
Maintenant revêtus d'afîublements grotesques,
Ils sentent chaque jour leur visage jaunir.
Leurs muscles se sécher et leur force finir.
La fdle du sultan à l'heure où le soir tombe
Paraît sur la terrasse ainsi qu'une colombe
Au plumage de soie et ruisselante d'or.
Elle enlève un à un lc5 voiles de son corps,
Jette ses bracelets, ses colliers et ses peignes
Et svelte, sur l'azur et le soleil qui saigne,
Elle danse, vers les captifs tendant ses seins.
Et les castrats prennent leur tête dans leurs mains.
Ils maudissent leur chair ridicule et blessée.
Car l'âme est désireuse et la chair est glacée...