‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 27 sur 138 · LA CHAMBRE DE BARBE BLEUE · texte numérisé non relu

LA CHAMBRE DE BARBE BLEUE

Voilà la plus petite et son visage d'aube, La pudique, dont je n'ai pas baisé les doigts. C'est lorsque mon poignard ouvrit en deux sa robe Que j'ai su quel trésor était perdu pour moi.

Comme je vous aimais, ô mes épouses mortes ! Vous pouviez demander mes champs et mes châteaux. Mais vous avez voulu le secret de la porte Cramoisie, et la mort est venue aussitôt...

Vous ne saviez donc pas, ô femmes bien-aimées, Qu'il n'est pas de palais qui ne cache en sa tour La chambre en velours noir, terrible et parfumée Où dort le souvenir du sang et de l'amour.

Plus jamais ! Vos bijoux jettent des éclairs fauves.. Derrière la fenêtre on entend les corbeaux... Les ongles sont bistrés, la chair est bleue et mauve... J'effeuille le bouquet et j'éteins le flambeau...

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