LA MAISON DES ADOLESCENTS
L'adolescent franchit le mur du beau jardin
Car il ne saA^ait pas qu'après les tamarins,
Les seringas géants, les camphriers blanchâtres,
Se dressait la maison secrète aux murs de plâtre
Où vivaient les enfants aux corps luxurieux,
La mulâtresse aux mains savantes, aux longs yeux,
La svelte au tambourin et la toute petite
A tête rase, aux seins couleur de chrysolithe.
Il frappa doucement sur la porte en or peint.
Un rire clair, de l'ombre fraîche, des coussins.
Des fruits dans des plateaux, des vins dans des carafes.
Sur un voile en lin bleu luit l'émail d'une agrafe.
Une bouche agace sa nuque en le mordant,
Un autre prend sa bouche et caresse ses dents.