‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 35 sur 138 · LES GLADIATEURS AVEUGLES · texte numérisé non relu

LES GLADIATEURS AVEUGLES

Poussés à coups de pieux hors des grands vomitoires, Sous les casques fermés et sans trous pour les jen^. Les A.ndabates tâtonnant vont vers la gloire Et l'âme des buccins éclate dans les cieux.

Sur les gradins du cirque où le peuple s'étage Le vent met des fraîcheurs dans le lin des péplum, Les yeux sont agrandis d'un rêve de carnage, Au flamboiement du soleil bleu sur les vélum.

Les robes émeraude et la pourpre des toges Se confondent dans une danse de rayons. Au loin montent les cris des géants Allobroges Qui, la pique à la main, surveillent les lions...

go LANE A CORNES.

Le César languissant et le front ceint de roses Presse parfois la main d'un mignon favori, Et ses yeux verts sous les paupières demi-closes Ont les stagnations d'une eau d'étang pourri.

Et les gladiateurs se cherchent de leur glaive, Ils fendent l'air, frappent le sable éblouissant. Leur bras vers l'ennemi chimérique se lève Jusqu'à ce que les coups fassent jaillir le sang.

Pour mieux voir le combat des aveugles, des hommes Qui sans croiser leurs yeux vont se percer le cœur, La foule en s'écrasant et par grappes énormes Hors des balcons cintrés déborde avec fureur.

Elle pousse des hurlements, elle stimule Le combat et se pâme à chaque corps à corps. Et les chrétiens captifs au fond des cunicules Se pressent en tremblant au souffle de la mort...

On entend le métal qui sonne sur les casques Et les corps partagés s'écroulent sous les chocs. Les muscles du héros soudain deviennent flasques. Un esclave le traîne au loin avec un croc.

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