LE DERNIER SPASME
Comme ils avaient compris le sens de la comète, De l'épaisseur de l'air et du trouble des eaux Les jeunes gens, hantés de luxures secrètes, Entrèrent en courant dans le parc du château.
Déjà des craquements sortaient du creux des arbres. Les lévriers pâmés hurlaient sur les gazons... La chaleur partageait les vasques et les marbres Et la mort répandait sa forte exhalaison...
Ils sautèrent soudain sur les trois jeunes filles. Ils les prirent contre eux avec de fortes mains Et foulant le parterre et franchissant la grille Bondirent à cheval en les tenant aux reins.
L'horreur embellissait les trois nobles visages, La lutte dessinait la ligne des corps purs. Sur les portes, des gens criaient à leur passage... Mais déjà des éclairs zébraient d'or les azurs...
La cavalcade alla jusqu'aux forêts prochaines. Là, les déshabillant, leur broyant les genoux. Les hommes en fureur sous les ombres des chênes Prirent les trois enfants aux corps minces et doux.
Car ils ne voulaient pas entrer dans le silence Sans percer de leur cri de plaisir les cieux lourds. Ils désiraient connaître en mourant la puissance De la vie, éclater de jeunesse et d'amour.
Mais déjà les oiseaux tombaient comme des pierres, Les chevaux étaient morts debout, tous les tocsins Hurlaient dans la soirée aux verdâtres lumières... Eux, pensaient seulement à la forme des seins...
Ils apprenaient le rythme essentiel du monde. Le plaisir à présent devenait mutuel Et la terre en cassant ses vertèbres profondes Leur donnait un nouvel aliment sexuel.