LE DERNIER SPASME
Les jeunes filles par l'étreinte ravagées Gémissaient et serraient les hommes sur leurs flancs. Les dents marquaient les cous et les lèvres mangées Entre elles se buvaient intarissablement.
La mer se souleva, les montagnes flambèrent Le ventre de la terre eut des bruits de canon... Sortis des profondeurs des monstres émergèrent Les peuples affolés devinrent des charbons...
De hauts vaisseaux lancés par des ras de marée
Allèrent s'enfoncer au milieu des labours...
Le fleuve fou roula sur la ville égarée...
Les amants demeuraient l'un sur l'autre toujours...
La lune se fendit dans le ciel de désastre...
Des geysers de feu par milliers jaillissaient...
Mais sous la lave en flamme et sous les morceaux d'astre,
Les amants enlacés toujours se possédaient...
Et plus haut que le jet des volcans gigantesques, Dans le chaos et les éthers carbonisés. Arrêtant les soleils dans leur folle arabesque Monta le dernier spasme et le dernier baiser...