LA MESSE DE L ANE A CORNES
Alors, sur un autel formé d'un dos de femme,
Des nains chauves servant d'enfants de chœur infâmes,
Et sous la cathédrale immense du ciel bas,
L'âne bénit, étend son étole grenat
Et semble célébrer une messe grotesque.
Et quand avec sa patte il trace une arabesque.
Frappant la femme-autel du sabot à grands coups.
Le peuple agenouillé roule sur les cailloux
Parmi les détritus et les choses impures.
L'un étreint le ruisseau, l'autre baise l'ordure,
Un autre mord au cierge et mange avidement,
Et tous, les yeux soudain grandis stupidement.
T'adorent dans la nuit de plus en plus profonde.
Ane à cornes galeux qui règnes sur le monde I...