LA MESSE DE L'ANE A CORNES
L'âne à cornes se peint, se maquille avec soin.
Ses mignons près de lui se tiennent les pieds joints»
Prêts à lui présenter un corps qu'il aime à mordre.
Ses femmes sont sur des divans, guettant ses ordres.
Mais quand il a vêtu l'étole de brocart
Et la mitre, il les quitte en faisant des écarts,
Il sort de son palais et s'en va vers les bouges.
Il cogne les judas avec sa patte rouge
Et pelée, et fait voir son mufle monstrueux.
A son cri, le rebut de tous les mauvais lieux.
Les matrones, les procureurs et les ribaudes
Viennent vers lui, dansant de joie, chantant des laudes,
Et l'un porte un ciboire et l'autre un ostensoir,
L'autre lève en riant deux cierges dans le soir.