L ENFANT MORT. IO
Tls allèrent ainsi de ruelle en ruelle.
Vers le bassin qui sert de dépotoir au port,
Où se déversent les égouts où s'amoncellent
Les coques pourrissant auprès des pontons morts.
Il semblait que c'était la faute originelle Qui courbait tous les dos en arc de désespoir Et la patronne alors de ses mains solennelles Leva l'enfant et le jeta dans le flot noir.
« Seigneur, accueille au fond des clémentes ordures, Loin du soleil injuste et des hommes mauvais, Dans cette tombe affreuse et pour nous la plus pure Ce pauvre paria, pour qu'il dorme à jamais.
u Et puisque tu n'as pu lui donner en partage Que le coin de la rue et le lit du ruisseau. Qu'au moins notre pitié plus profonde et plus sage Le couche malgré toi dans le meilleur berceau. »