‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 84 sur 138 · CELUI-LA, JAMAIS PLUS · texte numérisé non relu

CELUI-LA, JAMAIS PLUS

Quand tu reposeras près d'un autre, la nuit Et que tu veilleras, comptant le temps qui fuit, Ecoutant bourdonner ton ardeur à tes tempes Ou regardant trembler sur les tapis la lampe. Peut-être croiras- tu me voir auprès de toi. Ce seront mes cheveux où glisseront tes doigts Ce sera mon épaule à côté de la tienne, Ce sera la présence et la chaleur ancienne. Alors, te rappelant l'étreinte sur mon cœur. Peut-être voudras-tu dans un plaisir trompeur Ressusciter l'amour de ces nuits disparues. Au bercement des bruits qui montent de la rue. Au même creux du lit creusé par vos deux corps, Tu chercheras à retrouver le frisson mort

Et trois fols tu m'appelleras du fond de l'âme

Et du fond de ta chair désireuse de femme.

La lampe tremblera toujours sur le tapis

Et les bruits monteront de la rue, assoupis.

Tu fermeras les yeux pour mieux voir apparaître

La volupté sortant du mystère de l'être,

Tu tiendras des cheveux, des vertèbres, des bras,

L'antique forme humaine en les ombres des draps,

Mais le baiser vivant sur nos lèvres fermées,

Celui-là, jamais plus, vois-tu, ma bien-aimée...

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