‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 85 sur 138 · LE FANTOME · texte numérisé non relu

LE FANTOME

Je revois quelquclois dans les glaces nocturnes,

Ton visage, l'éclat de tes yeux taciturnes

Et tes doigts effilés en ivoire malade.

J'entends auprès de moi tes talismans de jade,

Le frôlement perdu des robes familières...

0 vertu des miroirs dans les nuits solitaires !

Je m'approche et je tends les bras vers ta pensée

Et je vois ton image un peu moins effacée,

Dans le clignotement des lampes qui s'endorment.

Au bout d'un chemin blanc se précise ta forme.

L'air de ma chambre close est plein de ta présence.

Le grand mystère ouvre ses portes de silence

Pour me rendre, encadré des colliers et des gemmes

Et du peigne d'argent, le sourire que j'aime.

igo LA CHAMBRE AUX RIDEAUX VIOLETS.

0 bouquet de pavots où se cache une rosel

Je suis près du miroir et tendrement j'y pose

Un baiser. Et voilà qu'une vie délicate

Fait trembler les rideaux, brûler les aromates.

J'entends le linge mort qui bouge dans l'armoire

Et tes bijoux tombant dans la coupelle noire

Et le papier froissé des livres que tu touches.

Je vois ressusciter tes petites babouches,

Ton peignoir noir et or aux nuances passées...

Mais le baiser finit.. Mes lèvres sont glacées...

Voilà la chambre morne où l'air est moins fluide...

Miroir terni I Peignoir défunt! Babouches vides!...

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