‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 87 sur 138 · FEMME AUX BIJOUX · texte numérisé non relu

FEMME AUX BIJOUX

Un piano bleuté Couleur de nuit d'été,

Des tentures mauves En velours byzantin, Des bijoux, des écrins,

Sur des peaux de fauves,

Du feu, des miroirs froids, De vieux panneaux chinois,

Des cuivres, des laques...

Dans un vase en cristal Se mêlent le santal

Et la sandaraque...

Les rideaux sont épais.

Le jour ne luit jamais,

C'est le lieu que j'aime...

Et sur ton ventre impur Tu fais couler l'azur,

Le grenat des gemmes.

Ah! laisse à tes genoux Ce ruisseau de bijoux.

Ce torrent de bagues.

Car il n'est de saphir Qui vaille un souvenir

Dans tes grands yeux vagues.

Je préfère aux anneaux Sculptés dans les métaux.

Aux splendides chaînes, Aux perles par milliers, L'invisible collier

Tressé de mes peines.

Sa forme et sa beauté,

Ni ce qu'il m'a coûté

Afin qu'il existe,

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