FEMME AUX BIJOUX
Un piano bleuté Couleur de nuit d'été,
Des tentures mauves En velours byzantin, Des bijoux, des écrins,
Sur des peaux de fauves,
Du feu, des miroirs froids, De vieux panneaux chinois,
Des cuivres, des laques...
Dans un vase en cristal Se mêlent le santal
Et la sandaraque...
Les rideaux sont épais.
Le jour ne luit jamais,
C'est le lieu que j'aime...
Et sur ton ventre impur Tu fais couler l'azur,
Le grenat des gemmes.
Ah! laisse à tes genoux Ce ruisseau de bijoux.
Ce torrent de bagues.
Car il n'est de saphir Qui vaille un souvenir
Dans tes grands yeux vagues.
Je préfère aux anneaux Sculptés dans les métaux.
Aux splendides chaînes, Aux perles par milliers, L'invisible collier
Tressé de mes peines.
Sa forme et sa beauté,
Ni ce qu'il m'a coûté
Afin qu'il existe,