‹ La montée aux enfers; poésiesChapitre 89 sur 138 · L'INCONNU FAMILIER · texte numérisé non relu

L'INCONNU FAMILIER

Les meubles de ma chambre étaient tous à leur place,

La lampe à la clarté tamisée, un peu lasse.

Le livre ouvert, le lit compagnon blanc et nu.

Mais au fond du miroir marchait un inconnu.

Il était plus âgé que moi. Sur son visage

La tristesse et le mal avaient fait leurs ravages.

Ses yeux étaient brillants, un peu faux et glacés.

Il semblait revenir des pays du passé...

Il n'avait pas l'air bon. Il grisonnait aux tempes.

Et lorsque je voulus baisser un peu la lampe

Pour le voir moins, je vis qu'il la baissait aussi.

Ah ! nous devrions pourtant ainsi que deux amis

Sincères, se trouvant après un long voyage.

Compter les actions mauvaises, le bagage

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