‹ La MontespanChapitre 19 sur 20 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

et qui voit le pouvoir lui échapper, et de rexplosion de sauvagerie qui se fit jour brusquement au sein de la société la plus raisonnable^ la plus maîtresse de soi qui fût jamais. Afin d'être tout à fait libre, j'avais d'abord nommé ce drame Vkmhiiieuse, et rhéroïne principale: Wiiioria. Fieschi. Mais il m'a semblé plus franc de nommer les héros de leurs véritables noms, et d'affirmer les droits de l'art vis-à-vis de l'histoire.

Il y a dans l'histoire deux sortes de faits : ceux qui ont une signification profondément humaine, ceux qui résument des moments essentiels d'une nation ou dune grande âme, ceux qui se sont enregistrés dans l'imagination du peuple, — et d'autre part, les faits accidentels et passagers, qui sont comme les variations et les broderies exécutées sur le thème principal. Avec ceux-ci, je crois qu'on peut en user librement, pourvu que l'on ne touche pas au thème ; avec ceux-ci, je crois même qu'on doit en user librement, si cela est nécessaire pour donner au thème toute sa valeur. Il suffit que l'on reste fidèle, dans l'invention, au rxjthme des caractères et à la tonalité générale de l'époque.

Mais la question de l'histoire au théâtre est trop impor tant e , pour que je songe à la traiter, à propos d'un aussi mince ouvrage. Je tâcherai de le faire ailleurs. Qu'il suffise de dire que l'histoire n'est pas un livre, où. tout serait écrit jusqu'au dernier mot, et dont l'art devrait épeler servilement les sijllabes. C'est un grenier de forces immenses, Foutre d'Eolr, gonflée de toutes les passions humaines. A l'art de les déchaîner, s'il peut. Tout ce qui accroît la vie, et centuple les forces de vivre est bon. Nourrissons-nous des passions des siècles. La vérité, c'est la vie.

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