AVERTISSEMENT
La réalité des faits est assez différente de ceux qu'on a présentés ici : M^" de Montespan, loin de mourir empoisonnée, en i 680, survécut vingt-sept ans à la scène de août 1680 avec le lioi. C'est au contraire iW'^o de Fontanges, qui mourut an 1 68 I , d'une façon mystérieuse et soudaine, où l'on voulut reconnaître la main criminelle de sa rivale. A/ii« de Blois avait trois ans en 1680; et si Louvois prit la défense de j/mo de Montespan contre la lieynie, c'est Colbert qui avait fiancé sa fille cadette au neveu de la favorite.
Voilà d'assez graves libertés avec Vhistoire. J'ai tenu à les exposer moi-même, non pour m''en excuser, mais pour montrer sans doute que je suis sans excuse. Je n'irai pas jusqu'à imiter la désinvolture de Schiller, qui mettait une sorte de coquetterie à affirmer son indépendance vis-à-vis de l'histoire, et, dans l'avertissement de Fiesquc, se vante de n'avoir conservé que le nom et le masque du Fiesque historique. J'ai pris grand soin au contraire d'observer avec autant de fidélité que J'ai pu les caractères de iW"™" de Montespan, du Roi, de Louvois et de la Reynie ; mais Je n'ai pas cru devoir m'astreindre à la stricte exactitude, quand elle n'était pas commandée par la logique intérieure des caractères; et même, je mesuis délibérément appliqué, quand je voyais dans les traits de mon modèle Fébauche d'une passion ou d'une action qui s'arrête en chemin, à la développer plus complètement. Je n'ai eu nullement la prétention d'écrire un chapitre d'histoire. Je me suis attaché à la peinture d'une âme ambitieuse qui vieillit