Nous vivons en présence du danger. — Nul n'est
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Fig.- 17. — Le courage civique ( Un incendie à Paris, par Détaille).
Les pompiers risquent chaque jour leur existence. Leur sauvogardo, c'osî ie sang-froid. Pour eux, aucun mouvement ne doit ôtro livré à l'hésitation. Us ont tout prévu et exécutent leur mission avec le calme et la précision do soldats à la parade.
à l'abri du danger : combien de gens se blessent dans leur escalier, ou à table! On peut boire la fièvre typhoïde
Patot. — Morale (Élève). 3
dans un verre d'eau. Une averse quand vous avez chaud peut vous donner une pneumonie. Celui qui sort bien portant, n'est pas sûr de ne pas être rapporté blessé.
Par conséquent, nous vivons dans le danger et dans l'incertitude. Nous ne changerons rien à cela ! Résignonsnous, prenons gaîment notre parti de ce qui est, n'y pensons pas, et faisons ce que nous devons faire avec la tranquillité du pompier qui oublie que sa vie est chaque jour en danger (Jig. 17).
ia5. Grande misère des trembleurs! — Nous pouvons choisir de trembler toujours, et comme certains fous (hypocondriaques) redouter toutes les maladies et mourir de la peur de mourir. Joli spectacle que celui de ces lâches !
Les gens sans énergie, aux prises avec les difficultés de la vie, sont à la fois pitoyables et ridicules. Il sont des personnages de comédie, comme Gnafron qui reçoit les coups de bâton de Guignol; comme le malade imaginaire qui est tout troublé parce que le médecin ne lui a pas dit s'il devait se promener dans la chambre en long ou en large!1
126. Le sang-froid. — Insistons sur cette forme de courage que nous appelons le sang-froid. Qu'un danger imprévu, moins encore, une visite imprévue survienne, et nous voilà troublés : nous perdons notre calme et notre présence d'esprit ; nous ne disons et ne faisons plus que des sottises.
Dans un incendie de village, les hommes étant à la foire du chef-lieu, les femmes affolées gémirent et prièrent an lieu d'éteindre le feu. Le village fut brûlé par manque de sang-froid. Lors de l'incendie de l'Opéra-Gomique, tous voulurent sortir à la fois et personne ne put se sauver, les gens s'étant écrasés aux portes.
i. Molièrb. Le Malade imaginaire^ Acte II, se. 11.
127. Il faut réfléchir d'avance. — Pour garder son calme dans un incendie, il faut avoir réfléchi d'avance à ce que Ton fera : on ne s'exposera pas à sauver une vieille chaise et à laisser brûler un enfant 1 Dans un incendie, les affolés commencent par ouvrir les fenêtres, ce qui équivaut à souffler de l'air sur le feu! Une fillette dont les jupons brûlent se met à courir et elle active les flammes. Si un cheval s'emporte, il ne faut ni sauter ni rester debout : il faut se coucher dans la voiture.
Celui qui n'a pas de sang-froid dans le danger se conduit comme un enfant sans réflexion.
V Dans la famille, on a constamment besoin de sang- I froid : si le petit frère a une toux rauque suspecte, il ^ faut de suite le traiter avec énergie. Pans le cas d'une
brûlure, il faut de suite appliquer une solution d'acide picriquè. Nous acquerrons du sang-froid si, chaque fois
V que nous sommes surpris, nous nous imposons de ré- I fléchir un instant. Nous perdrons toujours moins de
V temps à réfléchir qu'à agir comme des fous.
128. Expliquons-nous loyalement. — Une autre forme de courage utile et rare, c'est de s'expliquer loyalement avec les gens. Si quelqu'un raconte que Pierre a médit de moi, il n'y a qu'une conduite digne : c'est que j'aille ^'expliquer avec lui. Cela ne fait pas le compte des bonnes langues qui ont de la joie à brouiller les gens, mais cela nous empêche de nous aigrir, de dire peutêtre du mal, à notre tour, de Pierre qui le saura. On arrive à se haïr, souvent pour une parole qui n'a pas été dite avec le sens méchant que d'autres ont rapporté. Il n'y a que les faibles qui gardent rancune sans s'être expliqués : si on agissait courageusement, il n'y aurait pas dans les villages ces haines vi vaces qui divisent les familles, et qui diminuent le bonheur.
129. La bravoure à la guerre. — La bravoure est le courage au combat.
A la guerre, le courage, la fermeté sont à chaque minute nécessaires (Jig. 18). Marcher par le froid ou par la chaleur, souvent avec les pieds hlessés, avec des engelures, coucher sur la terre humide, souffrir de la soif et de la faim : il faut tout supporter gaîment. Ceux qui geignent sont da mauvais camarades, car le découragement est contagieux,
Les jours de combat, le bruit formidable du canon fait battre le cœur et donne la sueur froide — mais les braves reprennent vite leur sang-froid. Ils ménagent leurs car* touches. S'il possédait cent tireurs parfaitement calmes, un régiment serait invincible. On cite un combat, en !.88r, où Ton tira 4i coups de canon et 33ooo coups de fusil pour tuer 70 Arabes! En Afghanistan, les Anglais, à 3oo mètres, tirent 5oooo coups et tuent 2 5 ennemis 1 12 hommes calmes et qui visent tranquillement valent un régiment d'affolés.
Soyons de sang-froid au feu, et nous serons invincibles
i3o. Comment on fait reculer l'ennemi. — Si on avance avec calme, l'ennemi prend peur. Jamais l'ennemi ne vous attend si vous êtes résolus. Quand deux masses de cavalerie se précipitent l'une contre Vauive, jamais il n'y a choc, caries moins courageux tournent bride: toujours le vaincu perd beaucoup d'hommes frappés par derrière, tandis que le vainqueur ne perd presque personne. On a donc un avantage énorme à être les plus énergiques.
i3i. Les hommes-horloges. — Lorsque nous avons plusieurs devoirs donnés à l'avance, nous perdons du temps si nous ne savons pas commencer résolument. Beaucoup aiment mieux être commandés que d'avoir à choisir entre plusieurs choses à faire : ils sont comme des horloges qui marchent quand on les a remontées, mais qui ne peuvent pas « se remonter » elles-mêmes. Y Les femmes souffrent de porter un corset, qui com- ^ prime l'estomac, rend la digestion pénible, et gêne les
Fig. IS. — Li< lui ,.*!••. \ïii 11 \.« •••: (Le Départpourla Guerre, par Ri*i>i..smi' l'Arc cl»- Tri«»i!:pii»\ à P.iris
L'ennemi est à la frmiîirro. Son* rn^i.-.vi'.r, •'".; <•• :. i .;,• î., ."..:. u •• nationale, jeu nos ot. vieux iu.mvim'h» a:s «j«*\av ..'•• I<-a» «ji. •>•<.; f !a l'.riio • en danger!
Y mouvements respiratoires , mai s elles ne font pas l'effort I de commencer à s'habiller plus intelligemment.
IDe même, par routine, les mamans tuent chaque année des milliers d'enfants parce qu'elles les font manger trop.
i3a. Les routiniers.* — De ce manque d'initiative, nous souffrons à chaque instant. Un observateur a écrit, pour le prouver, une page amusante :
« Vous vous levez, et en vous habillant, vous prenez une fiole contenant un tonique qui vous a été ordonné; vous comptez les premières gouttes, mais voici que le liquide se met à couler le long de la bouteille, par la raison qu'on a façonné le rebord du goulot sans s'occuper de sa destination. Cependant, dés millions de ces fioles sont annuellement fabriquées par les verriers et vendues par des milliers de pharmaciens: preuve qu'on ne fait pas dans le commerce de grands frais de bon sens. Vous descendez déjeuner, vous voulez prendre de l'huile avec votre poisson : la bouteille a le même défaut que la fiole ; eHe est toute visqueuse des gouttes qui coulent le long du verre et elle tache la nappe. Voilà une autre catégorie de commerçants également si économes de réflexion, <îu'ils ne font rien pour parer à un inconvénient manifeste. Le déjeuner achevé, vous prenez votre journal. Avant de vous asseoir, vous voudriez mettre un peu de houille sur le feu ; vous en prenez un morceau avec les Pincettes; il vous échappe. S'il est gros, il faudra vous y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à l'enlever, Parce que les extrémités de la pincette sont polies. Les Générations de fabricants se succèdent sans qu'on ait l'idée 8* simple de les dépolir au moyen de quelques coups de ciseau.
« Vous, parvenez enfin à saisir votre morceau de charbon et à le poser sur le feu, et vous prenez votre journal, vous n'êtes pas au bas de la première colonne que les
changements de position auxquels vous invitent vos sc^r sations, viennent vous rappeler que les hommes ne saverJ pas encore faire un fauteuil. Gela continue de même tout l* la journée. Observez et -critiquez : vous verrez que l'immense majorité des hommes ne dépensent qu'une somm^ très minime d'intelligence ».
i33. L'entrain. — Une autre forme de l'initiative, c'est de se mettre rondement à son travail. Combien d'écoliers prennent avec mollesse leurs livres, leurs cahiers, bâillent, regardent en l'air, et perdent, sans s'en douter, bien des quarts d'heure 1
S'ils ne savent pas se mettre au travail, les enfanls dépourvus d'initiative ne savent pas jouer non plus. Ils n'organisent pas gaiement leurs jeux. Inertes, apathiques comme des malades, ils s'ennuient.
Ayons donc de l'initiative ! Commençons avec énergie ce que nous avons à faire ; attaquons vigoureusement la besogne et le plaisir. Si j'avais à choisir un ouvrier, ou un employé, ou même un mari pour ma fille, mon choix serait vite fait : je tâcherais de savoir s'il saute courageusement de son lit le matin ; s'il se débarbouille avec décision; s'il attaque vivement son travail.
i34. Les empotés. — S'il est lent à se débarbouiller, à s'habiller, s'il fait tout mollement, je ne le choisirais pas : ce sera un paresseux, toujours mécontent, qui manquera le train et laissera échapper les bonnes occasions. Tout le monde aide celui qui s'aide, mais c'est perdre son temps que d'aider qui ne s'aide pas lui-même. Mauvais ouvrier, mauvais employé, mauvais mari : c'est « un raté », qui sabotera son travail, gâtera sa vie et la vôtre, si vous la lui confiez. Il vous laut quelqu'un qui no soit pas un empoté, qui sache faire de belle besogne ec qui, rentré à la maison, sache tout animer de sa joyeuse et féconde activité.
i35. Le désordonné. — Une autre forme de la volonté, c'est l'ordre, qui consiste à mettre les choses à la même place, de façon à n'avoir pas à les chercher.
Le désordonné ept un égoïste qui fait travailler les autres pour lui. Si, après avoir joué, nous obligeons notre maman, déjà trop occupée, à ranger nos jouets, nous abusons de sa bonté.
En outre, comme tous les paresseux, ceux qui ne se donnent pas la peine de ranger leurs affaires sont bien sots, car ils doublent leur propre peine : ils ne trouvent plus rien. Sont-ils pressés, quelle mauvaise humeur I « On leur a caché leur béret; on leur a pris leur livre ! »
Il faut se moquer d'eux et se bien garder de les aider ; ils prendront ainsi l'habitude de tout mettre en ordre. Quelle commodité, le matin, de trouver ses vêtements soigneusement rangés la veille, les cahiers, les livres à leur place habituelle!
Une ménagère sans ordre perd beaucoup de temps,
car le nombre des objets est considérable et si on ne les ^ remet toujours à la même place, on ne les retrouve pas
facilement : on bouleverse trois ou quatre tiroirs; on ^ chiffonne le linge, les vêtements. A la cuisine, on casse
beaucoup parce qu'il faut remuer dix objets pour en ^ trouver un et parce que des assiettes sont posées, en
grand danger, sur des bols ou sur des petits pots. A ce tohu-bohu, préférez un ménage soigné, où
chaque chose est à sa place. Prenez Y habitude de ^ Tordre : chaque chose à une place, toujours la même.
Sujets à. traiter. — Nécessité d'être patient. Distinguer la patience de la résignation. Qu'est la persévérance? Est- elle utile? Quels progrès permet-elle? Peut-on compter sur l'enfant sans courage? Montrez l'utilité du courage. Qu'est le sang-froid ? Comment en acquérir? Pourquoi faut-il s'expliquer avec les gens? En quoi consiste le courage à la guerre ? Il faut se mettre à l'ouvrage résolument. Comment les routiniers vous font-ils souffrir? Qu'est-ce que l'entrain? Décrivez les mous et les désordonnés.