‹ La morale appliquée a la politique, pour servir d'introduction aux observations sur les moeursChapitre 106 sur 116 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

G^BÎe des Gauloises.

« Il y a , disait le pape Lambertini , une puis-* sauce politique qui soutient la France sur Tabime , au moment où elle est près d'y tomber. » Cette puissance ne serait-elle pas le génie des femmes ?

JLe flëau de Dieu , le féroce Attila , s'avance yers la Seine ; les Parisiens veulent quitter leur ville : Geneviève les rassure , et la puissance du roi des Huns cède à la voix de la vierge de I*Ianterre , comme F orgueil des guerriers d'Albion devait s'abaisser quelques siècles plus tard devant le casque de rhéroïne de Domremi.

Ce furent les sœurs de Clovis, Arboflède et I^ntelde qui préparèrent dans la Gaule le triomphe de la loi chrétienne sur le culte homicide de TaiTreux Tentâtes.

Ce ne fut point Clovis , ce fut Clotilde qui fonda la monarchie française ; belle , modeste et

chrétienne , elle subjugua les vainqueurs et les vaincus ; et le Dieu de Clotilde emprunta sa iroix pour établir utie religioti de paiï dont cette reine charmante était Tiraage et Tapàtre.

Batilde , dont la vie est si romanresque , cette jeune esclave que tous les historiens ont surnommée la Belle , honora par des vertus adorables le trône où Tavait élevée le second des Clovis ; et quand la mort prématurée de ee prince laissa le sceptre entre ses mains, quel roi se montra jamais plus digne de le porter ?

Si je disais que dans ces tems on trafiquait des Israélites comme des bétes de somme , et qu^un roi , luttant seul contre la barbarie de son siècle , abolit cet infâme trafic ; quMl supprima la moitié des impôts, qu il força les ëvéquesl ne point vendre les choses saintes , qii'it soélagea le peuple et fit bénir son règne ; le lecteur serait surpris de ne point connaître le nom de' cet ftenri IV de la première race. Ce monarque était Batilde.

La nation a gâi^dé Thonorablé souvenir de cette reine Blanche, dont un poète du- tems af dit si singulièrement :

Canditià, caadescenSf candçre, et cordés et oris.

Il est impossible de rendre exactement en fran*çais le charme de ces consonnances , mais on peut traduire par ces mots le sens de ce vers du moine Bigore : Son ame est blanche comme son sein , et rien n"" égale la candeur de ses pensées , si ce n'est la pureté de son teint.

Blanche et Tamour fondèrent la poésie, j'ai presque dit la littérature française ; c^est à sa louange que Thibault , comte de Champagne , éperduement amoureux de cette princesse, composa ces tensons, ces sirventes, qui Tout fait surnommer le roi des troubadours. Blanche aimait les lettres , Thibault les cultiva pour lui plaire ; c'est à elle que la France est redevable de la première académie. A son exemple , le comte de' Champagne assembla les poètes les plus distin-: gués de son tems , dans soq. château de Provins , sur les colonnes duquel il fit graver st% élégies et st% romances : on a fait honneur à François P' de la renaissance des lettres , c'est à Blanche et à Thibault qu'il faut en rendre hotn'^ mage. Cette belle reine exerça sur soA siècle là plus aimable et la plus douce influence.

36o LA MOHÂLE

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