CHAPITRE IV
Suite du même lujètt
La philosophie , objet de haine et d'effird pour tons ceux qui vivent d'abus et de préjugés , la philosophie , assise , pendant pris d'un siècle , sur le trAne avec les Antonins , y fiit Tamour et
À^PtiiQUlBE A LA INDLtttQUE. 2!^5
les dëlices de la terre. Alors (îit à jamais attesr^ tëe la vérité de cet axiome , que les états seront heureux lorsque lés philosophes seront rois , 0U| ce qui me parait moins facile, lorsque les roiâ seront philosophes*
Exemple unique dans Thistoire du monde !
Les princes qui régnèrent depuis le cruel Domitien jnsqu^à Tinfâme Commode , ne se distin- ^ëlrent pas moins pat leur amour des lettres que parleur génie et pat leurs vertus. Le pre^ itiier , ce Nerva , qui sut , dit Tacite , réunir deux choses qui jusqu'à lui avaient paru in^ compatibles , le pouvoir et la liberté , était disciple d'Apollonius , philosophe pythagoricien : le dernier de ses bienfaits fut l'adoption de Trajan.
Selon la pasole de TEcriture , celui qui aime les sages a déjà fait de grands progrès dans là sagesse. Trajan, sans être lui-même un prince fort instruit , sentit tous les avaiitages de Tinstruction : il fonda des bibliothèques et des écoles publiques ; il fut le protecteur et l'admirateur des lettres. Sa tolérance s'étendit ^ur les chrétiens, si cruellement persécutés jusqu'au règne de Nf rva , et ses vertus trouvèrent dans Pliiie