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338 LA MOHALE
Les préjuges les plus nuisibles à la société sont irrévocablement détruits , et les efforts d'un petit nombre d'hommes personnellement intéressés à les faire revivre , n'obtiendront pas un effet désormais sans cause.
Les Français admettent des distinctions sociales ; ils ne reconnaissent plus de privilèges : plus véritablement religieux qu'à aucune autre époque , c'est dans leur conscience qu'ils puisent ce sentiment de tolérance universelle qui fmf de tous les hommes un peuple d'amis , de tous les chrétiens un peuple de frères ; c'est dans le livre de Dieu même qu'ils apprennent à mépriser ces menaces de la superstition , ces doctrines du fanatisme , qui , pendant deux siècles , ont fait de la France un champ de carnage et de destruction.
Si les progrès des vertus publiques ne sont pas encore très-sensibles dans nos hommes d'état , les vertus naturelles ont un sanctuaire inviolable au sein des familles. Je n oserais assurer qu'on soit en France meilleur ministre , meilleur conseiller d'état , meilleur administrateur qu'autrefois ; mais on y est meilleur époux , meilleur père, meilleur ami.
APPLIQUÉE A LA POLITIQUE. SJg
Le respect des parens est mis aa nombre des y yertus qu'on peut avouer sans craindre le ridi- ' cule , et je ne crois pas que Ton trouvât aujourd'hui , même à la cour , un fils qui se permit impunément de chansonner son père et sa mère , et de leur dire :
Vous nous fîtes pour vos pqchés , Et TOUS vivex trop pour les nôtres.
Je ne prétends pas étiablir que les mœurs do** mestiques soient arrivées au degré de perfection 01^ la stabilité des. institutions politiques peut seule les amener : mais je pense que le maréchal de Saxe , à qui ou demandait pourquoi il ne s'était pas marié, ne serait pas autorisé, dans Tétât actuel de la société , à répondre aussi durement qu'autrefois : k Je vois bien peu d'hommes » dont je voulusse être le père , et encore moins » de femmes dont je voulusse élre Fépoux. >'
34o LA MORALE