VIII PRÉFACE
c'est d'indiquer un bon critérium du bien et du mal. S'il la réalise, il aura répondu au plus grand besoin de l'heure présente.
Les idées mères dont il est né, qui en forment à la fois le résumé et le programmé, sont les suivantes :
Cet amas formidable et confus de faits, de notions et de préceptes que Ton enveloppe communément sous le nom de morale, doit se répartir en trois groupes, moralité, science morale, moralisation.
I. — La moralité des différents peuples aux diverses époques de leur histoire relève de l'ethnographie. Par la théorie de l'évolution, elle a mis de Tordre dans ce chaos et lui a découvert un sens. Comme, d'autre part, avant de déterminer ce que doivent être les mœurs, il faut savoir ce qu'elles sont, elle a préparé et rendu possible la science morale.
Mais elle n'est pas apte à la fonder. Dans l'impossibilité de jamais garantir que les évolutions qu'elle signale ne sont point régressives soit en totalité, soit sous quelque rapport, elle ne peut y trouver le moyen de discerner le bien du mal.
II. — La science morale est basée sur la démographie, qui, seule, a les moyens de mesurer la valeur des populations.