L A II ORALE DÀ N S L' ET AT
1 1 9 crroi wis
Mi si» \ mi s. Messii 1 as,
Après avoir montré dans la morale privée lw premières
de la démocratie, il faut, <mi appliquai directement
. morale à la politique, montrer dans la morale publiqtte,
I \fii\ dire dans l'ensemble des devoirs et des vertus que
morale nous prescrit par rapport a cette forme nécessaire l la société humaine qu'on appelle la société civile ou p tique, ou «I un seul mol VÊtnt, les conditions essentielles de Kite vraie «'t solide démocratie. Je pénètre ici dans le cœur il de mon sujet, puisque ce n est plus seulement de d« lirs et (!•' vertus privés qu'il \.i être question, mais <!<• ivoirs et de vertus pul i s, i est-à-dire il»' I essence même • I Liai démocratique.
Mais, avant d'rntreprendre l'analyse de ces devoirs »ii de
il rsi m do bien fixer l'idée « { 1 1* * nous
ivnns un •■ de I Ktnt on général et pai Liculièremenl
a ! /. rrulif/iie. Il n j .1 pas <l idée qui ait été plus
SI l'I II Ml LEÇON.
pervertie el dont on ail plus abusé que celle de l'Etat et celle môme de la démocratie, et il n \ en a pas qu'il importe davantage de ramener k son principe rationnel. ( b là
notre première tâche.
( ihaque homme, par cela seul qu'il est une lit a le droit d'user librement de toutes ses t u ultés, à la condition de ne pas porter atteinte ù la même liberté chez les autres hommes. Ce droit primordial, ou, oe qui revient ai même, les droits particuliers dans lesquels il se décomp comme le droit de penser, de parler, d'écrire, ou celui di travailler librement, sont àes droit* naturels* inhérents h no] tre libre personnalité. I><' plus, en exerçant ces droits naturels, chaque homme peut en acquérir d'autres, comme ««'lui de propriété^ qui, dérivant des premiers, sont respectable! au même titre ( est dans le respect réciproque de tous droits, natun h ou tu ouù, que consiste la justice, au sens strid de ce mot
Mais que deviendraient ces droits et pai i onséqueul lu justice en l'absence de toute garantit forutun < rsl ;i «lire dans ce «in-' l'on à appelé Yétat de tu ' IK seraient .1 la merci de la violence. Los « onflits qu ils ne peuvent manque! de suscitei . pai cela même qu ils s»' limitent réciproquement^ dégénéreraient infailliblement en luttes <'ù triompherait la Force, non la justice; el les convoitises qu'ils exciteraient 4j donneraient toute carrière, dès qu elles auraient cette ron a brutale à leur disposition : le plus faible deviendrait ainsi la proie du plus fort; les loups mangeraient les agneaux. On l'a • In avec raison : l'état de nature <,st né< ement un
de i d'oppi ession .
Or la société civile ou politique je prends ici ces deui
épithètes nue synonymes a pré< isément pour but de faire
m pèche i ce désordre, en garantissant, -tu nu d'une /' ffunum ou d'une puissatux publia Jissa
d'api ■ droits de < bacun contra tou
la morale dans l'état. ioô
violence, soit au dedans, soit au dehors. Assurer ainsi la jouissance de ces droits et faire régner par là la justice entre tous, tel est donc le principe de ! 'État, soit qu'on entende parce mot la société civile ou politique elle-même, soit qu'il désigne plus particulièrement l'ensemble des pouvoirs publics qui doivent présider a cette forme <lc société ces deux sens sont également consacrés par l'usage, el le second n'est, -i je puis m'exprimer ainsi, qu'une particularisation du premier). Quand je détermine ainsi le principe de l'État, j'indique san> doute son principe rationnel, celui que lui assigne là raison, mais j'indique aussi son- origine historique ;car, en se formant en sociétés politiques, les hommes, qu'ils s'en rendissent compte ou non, qu'ils agissent en cela instinctivement ou par réflexion, ont évidemment obéi au principe que je signale.
Mais les bommes ne fonnenl pas seulement un État, ils forment des Etats divers. Pour expliquer ceci, il faut taire intervenir, outre la raison générale la raison de justice) que je viens d'indiquer, certaines cin oustances particulières, telles que la communauté de race, de langue, de sol ou d'intérêts de tout genre (moraux aussi bieil que matériels;; c'est ce
lien spécial qui constitue proprement Ibl nationalité, la patrie. I uouveau lien entraîne dans l'association des dispositions spéciales relatives a la prospérité de l'État; mais M n'exclu! pas, il implique au contraire le principe de justice que j'ai dû signaler d'abord. Les hommes constituent des États particuliers suivanl tels ou tels rapports, tels ou tels intérêts communs qui les réunissent : mais 1 association qu'ils forment entre eux doit toujours avoir pour but ta garantie du droit de chacun.
I est dans ce droit des individus qui cou p- sent 1 État que île le /iini'/fn, mais aussi la delà légitimité delà
force collective qu'il institue. L'Étal étanl une association destinée .1 -nantir à chacun, au moyen delà force collée-
lit SEPTIÈIfl il
tive, ses droits naturels et légitimement acquis1 el il concourir pai là même ou par d'autres moyens secondaires au i grand biendetous1 il ne j»<'ut donc se servir de cette fo pour attenter droits. Ce serait, comme l'a <lii quelque
pari l'éminent économiste Bastiat, une ,■ de la fi
qui lui a été dévolue | »• »u i défendre les droits de chacun, «i qui ii es! légitime qu'à ce titn
De ces prémisses il est aisé de déduire les cara( lères ij doit avoir I Etal . ses ca ntiels, < eux qu peu!
perdre sans violer sou principe el sans manquer k m mission; el ceci va précisément iimis ramener à la démocratie. I. Etal étant, dans sou si néral, une assoi iation, ou,
dans son s''iis restreint, un ensemble «i • pouvoirs publics destiné intir 1rs droits, naturels ou acquis, de chacun :
wwiel/e, la liberté^ la propi il ne peut
appartenir .1 un maître qui en dispose à son gn Ce n'est que par un monstrueui abus de la puissant e publique qu un bomme peul ari ivei i dire, 1 oran e Louis \l\ I I lai moi . "U enoore comme oe même monarque (dont je les propres expressions), que L rciis sont seigneurs absolus ol ont naturellement la disposition pleine et entière de
loua les bien.s <|m mmiI | . ilm-ti qu ù la m<
• nlu mail la (acuité de Ibéologie de Pai 1-. s bonne, en répondanl au roi que l us les biens de ses bului appartenaient et qu'il pouvait en user comme des siens pro| Écartons donc sans autre explication il
n'en est pas besoin cette foi me de i l.i.n. qui
le divise en deux parties dont l'une se compose <l un bomme, le - ol l'autre de tous 1rs autres, les 1 N l'on
me «lit qu un lel maître est tout puissant pour le bien, je ré* pondrai la , nie délie— même et on l'a faite
déjà bien souvent qu il est aussi loul puissant 1 le mal, et je rappellerai oei paroi lionne de la Boétie,
discoui s sur , .1 Uni «-s-
cient, c'esl un extrême malheur d'être sujet à un maître, duquel on ne peut jamais être assuré qu'il soit hou. puisqu'il es! toujours en sa puissance d'être mauvais quand il voudra. » Bon ou mauvais d'ailleurs, un maître est toujours un maître, c'est-à-dire quelque chose qui ne saurai! s'accorder avec la dignité de l'homme.
Si l'Étal ne peut appartenir à un homme, il ne peu! pas davantage appartenir a une classe d'hommes privilégiés, a une caste s'attribuanl exclusivement la souveraineté el tenant dépendance tous les autres membres de la société. Écartons encore cette forme politique, Y aristocratie, qui divise aussi l'État en deux parties, donl l'une ne se com] plus il la vérité d'une seule tête, mais de plusieurs formant tin corps à part, la noblesse, et dont l'autre comprend tout le reste «le la nation, le peuple.
Les <leu\ formes politiques que je viens d'indiquer et «le caractériser sont contraires aux droits inaliénables et imprescriptibles «le la personnalité humaine, que l'État a pré** cisément pour luit de garantir. Elles traitent les hommes qu'elles réunissent, au moins une partie d'entre eux, comme des chose* : elles les dépouillent «l«i leur liberté naturelle; el elles introduisent «huis la société «les distinctions opposées au droit commun, a l'égalité «lu droit, «mi un mot a [sLJustia .
L'État, — ceci résulte de la définition même que nous en avons postée : une association destinée a garantir les droite naturels <>u a<cquis de chacun, — l'Étal doit embrasser toute l.i nation sans distin< tion de rang ni de privili I attribuer
au pi uple entier la souvei ainetè réservée par l«es formes pi é< é drôles au monarijui ou à la noblesse. Il doit donc être, en ce sens, démocratique.
>Ia^ il faut bien s'entendre ici. I ne société politique étant une lé <l li« •■■iii esl adiré de personnes, ne saurai!
appartenir à un maître, m a plusieurs; elle s'appartient h elle-même, et elle a ainsi le droit de se gouv< rnei comme il
lui convient. C'est lace que signifie proprement le priiu delà rrainetè du peuple. S'ensuit-il qu'un peuple ail V-
t de tout faire? Il n'aurait jmn même ce droit quand il rail unanime; car la volonté «lu peuple est, c >mme celle de l'individu, soumise à la loi de la justice, laqui
souveraiue, dans le sens absolu «I mot. Quand tout un
peuple serait unanime, je ne dis p - ilemenl pour commettre une injustice à l'égard duu autre peuple, par exemple pour l'assujettii h sa domination, m.iis pour se dépoui
lui-mé dequelque liberté essentielle et inaliéuabh i une
la liberté de conscience en s imposant une religion «1 I Nii volonté, malgré 1 ad uleuti mm /<
sait pas plus légitime. Mais d'ailleurs celle imanimil une
hypothèse qui ne | s -t toujours eu
réalité la majorité (\ ?oit directement, soit par l'in-
termédiaire de ses représentants. Or, si la majorité abuse la force dont elle dispose pour opprimer la minorité, même uu seul citoyen, comme par exemple la déni athénienne condamuant Socrate à boire la < \ ispré
lexte qu'il ne n 1 ssail pas les dieux de la cité et qu'il
corrompait la jeunesse, le droit individuel que l'a itiou est destinée a - itir est violé . « « -t encore une pei delà i Que le despotisme soit e xt i un seul, ou par
plusieurs ou par le plus grand noml toujours le des-
potisme. Celui de la I et je ne parle pas ici de la vio lence démagogique, qui ramène la so< iété .1 l'étal de natu
s du di \ du nombre, 1 1 e de despo-
tisme n'est pas plus acceptable, et il peut être plus intolérable encore que celui d un monarque ou d'une m 1 squ'il s'introduit dans l'État, conservàt-il la forme repu hlicaiue, il le divise à 100 tour en deux parties, dont l'une
use l'autre, D'ailleurs le despotisme, même Ityal, < 1 « * l - 1 ibdique volontiers entre les mains d'un maître, d'un .lu ta leur, d'un I el ramène -lu^i U démocratie h I au
U MORALE DAN- L'ÉTAT. Lia
tocratie; il faut donc que la démocratie soit organisée de telle sorte que les droits, naturels ou acquis, de chacun y soienl toujours respectés, et qu'elle oe puisse jamais dégénérer, je Dédis pas seulement en démagogie, niais mêmeen ocklocratie, c'est-à-dire en tyrannie de la Foule, ou en césa- *t-à-dire en tyrannie d'un seul au nom de la foule : il faut en un mot qu'elle soit une libre démocratie.
Arrêtons-nous un instant sur et' point; il est capital.
On décore souvent du nom de démocratie une certaine constitution politique qui proclame bien la souveraineté du peuple et invoque même le suffrage universel, mais pour transfé sitôt la toute-puissance à un chef, élu ou hérédi-
taire [peu importe . 1»' [uel, concentrant dai mains tous les pouvoir .mi réalité le maître absolu de la liberté, des
biens i vie même des citoyens. ainsi que le ce
risme romain, le des Tibère, des Caligula, des Néron
a ete qualifié du nom de démocratie. C'est ainsi que le nouveau césarisme oui s'est établi en France au is brumaire n'a pas manqué de se donner pour le couronnement de la démocratie, et cette singulière prétention n'a trouvé «pie trop de preneurs. Non, ce n'est point la la démocratie ; ce n'en est (pie le mensonge. La démocratie, je l'ai dit et je le répète, ii' n'est pas V égalité dans ia servitude, mais la liberté dam finalité. C'est un État, par conséquent, où i eulement tous oui les mêmes droits, mais où ils conservent tous les d inhérents à leur qualité d'hommes, par suite a celle i citoyens, et où le gouvernement de la chose publique, étant une œuvre d'hommes libres, e& ainsi un libre gouvernement, un telf-government, comme disent I' \ Lus. il faut donc que, i\,[\\^ cet État, chacun puisse se diriger lui-même avec une pleine indépendance, développer toutes ses facultés sans au- |une entrave, jouir sans obstacle du fruit de 9011 travail, et que , comme chacun se gouverne lui-même en toute liberté, ainsi 1rs pouvoirs publics auxquels tous -"ut appelés ii concou
III ! Il Ml II I u\
d'une manière du d'une autre, représentent véritablement le go ivi nemenl de la nation par elle-mém raie
démocratie; je n'en connais pas, ou plutôt je n'en reconnais pas d auti
I< e rechercherai pas ici c nient les pouvoirs publics
doivent être organisés et suivant quel mode les citoyens j doivent concourir pour que le but que je viens de rappela le plus sûrement atteint : i [uestion* qui n'est plus une question de pun morale ^ mais de ih ni'entn
aérait Irop loin hors de mon sujet. J ulement a ind
quer, d'après les principes que nous Fournit la morale ell< même , le ■ " gênerai . »lrs
pouvoirs publics que comprend l'État ; niais d'abord il Faut
>ntrer quels rf quelli m les institutions démo<
tiques exigenl des citoyens eux-mêmes. Eu effet, pour que as institutions puissent s'établir et durer, il laul que les membres de ilitique, outre les wlleê
dans mes nré< le titre de 6 pi v lent aussi pratiquer certaine^
tut public ui i [\\w \v i i'I'"-
ontraii tout I»'
Lap 1 1 h du
IX itoyens. Il ne suflBt i tre jaloux d( >pr6
liberté, mais il laul aussi respecter et aimer celle des aut
pect de la liberté d autrui est en I un dev<
de tous les hommes, i n tofti iminent
titn e pa i un envers oeui avec qui i plus
particulièrement unis par le lien de la otH
de tou les citoj "il doiHJ iimir un objet de i oui i h;u un : et, comme i elle liberté ne a h i, : libei lé doit 9 étendi
sans lesquell( turai issurce.