‹ La morale dans la démocratie (volume 2)Chapitre 4 sur 43 · se un ti · texte numérisé non relu

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dm dL îjourd hui dans 1»' monde

s jui pr !it main tenir l'es

• jui a i s lirement que

ater nient

d'Anieriqi. ia lut'

iniquité. 11 que la

mais il est d'autre- lesqi* it se

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poursuit.

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Il y a une i it déo que

Haut ii cap ulanl aux pétdi

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-v.*. #*♦ f. 4 » : ' . ' •. .vrrr.*r.: mriaée, *'. retettrafe 7 a • U ^rt^ut riMI; •iu il reste * le Cave ÉMpan rilu «les an du tomream Monde. Ejféro— que

e UrtVra pu à % accoenp hr et qui! couler» moins cher que le pre -

pas le règne de la force brutale, c'est celui du droit commun.

Il y a une autre espèce de soi-disant démocratie a laquelle (ceci est une vérité banal**) la première conduit infaiÙiblement. mais qui peut être amenée aussi par d'autres causes et qui. en tous cas, n'est pas muins condamnable: c'est celle qui se livre a un maître, lui abandonne ou lui laisse prendre Un\> les pouvoirs, et se tient pour satisfaite dès que l'égalité .ne au sein de la servitude. Ce n'est pas la non plus la démocratie, quoiqu'on affecte souvent de l'appeler de ce nom en y ajoutant je ne sais quelle épithète; c'est la tyrannie, ^t le despotisme, c'est le césarisme. La démocratie n'est

l iite dans la servitude, mais la liberté dans l'égalil La démagogie et la tyrannie oe sont pas la démocratie; <'[{<>> en sont les écueils. La démocratie ancienne y a souvenl sombré, malgré les avertissements de . et d'éclatants

exemples ont déjà montré que la démocratie moderne n'est pas elle-même a l'abri de ces dangei s.

Il est encore une autre maw démocratie que l'antiquité ne pouvait juger ainsi, mais que la société moderne doit ; comme an fléau: c'est celle qui, sans tomber ni dans la démagogie, ni dans le césarisme, étouffe la liberté individuelle et les droits imprescriptibles de l'homm s la loi de la majoi -à-dire sous le despotisme du nombre, d<

itisme qui. pour être légal, n'en est pasmoins !»■ despotisme, lans l'antiquité, ledéfaut des démocraties, et en méral de toutes les constitutions politiques: elles immolaient l'individu à l'État Tel n'est pas, ou du moins tel il. doit pas être lecanu mocratie moderne; sur

point elk uraitaccepter Bans réserve la théorie do Coni '. La démocratie moderne doit se fonder sur le resp< du droit individuel et laisse) à chacun le plein exercice de i iaculfc s, en un mot \ i lih

viens o indiquer, en distinguant la démocrati

4 PRËMIÈR1 LE<

la mauvaise, les rices que doit éviter la démocratie moderne e( (•<• qu'elle doit être si elle veut réaliser le progn - qu'annonce son avènement dans le monde. Mais elle ne pourra évitei i es rices et se montrer ce qu'elle doit être, qu'à la condition de se donnei pour base des mœurs conformes k ses vrais principes, c'estrà-dire, « • 1 1 un mot, <l<i s'appuyer sur la morale. Sans la morale, en effet, »'t sans les mœurs qu'elle

je, il n'j a pas de véritable et solide démocratie. Ceci me conduit au second des deui termes que je veui rapprocher dans cette leçon pour vous en montrer I»1 lien. Considérons d'abord ond terme en lui-môme, comme nous avons fait

le premier; nous les rapprocherons ensuite.

Qu'est-ce que la morale? C'est, comme son nom même l'indique, la règle des mou . i est-à-dire la loi ou l'ensemble des lois d'après lesquelles nous devons nous conduire pour bien iiij"'. pour faire le bien,

( lette définition, que j'ai rendue aussi simple «it aussi clair»1 ijin1 possible, suppose, «I une part, que nous nous reconnaissons soumis à une règle «!«' ce genre, à une loi du devoir ou du bien; «'t. d'autre part, que nous sommes capablesd'j conformer notre conduite en dépit des entraînements de nos passions ou des suggestions de notre intérêt personnel.

Or, ces deux faits nous sont attestés par la plus simple observation de nous-mêmes, et c'est sur ces deux éléments que repose notre valeur morale. Sans eux elle ne Berait plus qu'une illusion, et c'est alors qu'il Berait vrai de <lmi * jm • 1 homme n'est qu'un animal perfections

I onstatons d'abord le premier de ces deux faits, k savoir, que nous nous rei onnaissons soumis à une loi du devoir ou du bien. C «i-i là un fait d'expérience intime; si ce Eût est d'une (nui autre nature que ceux de l'ordre physique, comme la diion "ii la circulation «lu sang, il n'en est pas moins paient et ne peut pas plus être nié. il suffit de descendre en soi-

même pour l'y voir briller. C'est ce que je veux montrer par un exemple familier, celui dont le grand moraliste Kant aimait à se servir.

Vn dépôt m'a été confié secrètement. Il me serait fort avantageux de me l'approprier; en agissant ainsi, je n'aurais d'ailleurs aucun risque à courir, car celui qui me l'a confié est mort sans avoir révélé son secret à personne. Mais. quelque grand et sûr avantage que m'offre cette conduite, je reconnais aussitôt que je ne dois pas agir ainsi., qu'une l<à sacrée m'oblige, comme elle obligerait dans le même cas tout autre homme, à restituer le dépôt qui m'a été confié, et qu'en me l'appropriant, je ne me conduirais pas en homme de bien, en honnête homme. Je tne reconnais donc ici soumis à une loi du devoir, à une loi morale, qui, à ce titre, est nécessairement la même pour tous les hommes.

D'où me vient l'idée de cette loi, si incommode parfois, mais si impérieuse? La langue vulgaire, d'accord avec la langue philosophique, répond: De la conscience. Mai- qu'estce au fond que la conscience, sinon la lumière de la raison, Dette lumière qui, suivant la parole même de l'Évangile, illumine tout homme venant en ce monde? D'où viennent ['autorité et les caractères que j'attribue a cette loi ? De son évidence rationnelle.

On allègue, à la vérité, contre l'évidence rationnelle et l'universalité des lois morales, les divergences des opinions humaines en matière de moralité : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà» , suivant le mol emprunte par Pascal il Montaigne. Mais ces divergences, trop réelles, ne portent pie sur l'interprétation de ces lois, non sur leur existence même; »'t elles s'expliquent, soit par un dotant d'attention occasionné par quelque passion ou quelque intérêt dominant, soit en général par un défaut de culture. La raison est dans chacun de nous, et elle est en s<u la même pour tous, mais il faut savoir l'interroger. C'est, suivant la parole que i<* rappe

laii ton! ii l'heure, ui n'ère qui illumine tout homme]

mais oette lumii mil

d'êl s qui l'offusquent. Elle est àm

en ce 9ens, !•' prii a efforts.

i cond fait, celui de notre liberté morale, n'esl pai

ins évident que le premier, »'t il suffit aussi «1»' descendit m soi-même pour le constater de la manière lu plus :

gable.

le reprends l'exemple dont je me suis d(

rèl ou ma passion me pouss ipproprier le dépôt qui

m'a été confié ; mais mon devoir me commande de le tituer. I ° -■ •• que je ne me sens pas le maître i istei

impulsion il<" ma passion ou de mon intérêt, que I»' devoir me commande? VA si je s iccombe à la lenta*

i. est-ce que je ne sens pas qu'il dépendait pourtant de mo de résister et de vainci que je ne /n'hnpuh pascetti

faute a moi-môme, et par suite estn e «pu*

as justement puni par I»* remords qui me poui le m<

is donc libre, et c'est pourquoi je me ti< >urrwy de ma conduite Je n'ai pas besoin d'auti nu

liberté: elh est un fait attesté par le plus clan «-t !»• plu le de tous les lém le témoignage du len

infini-

Mais ici "ii allé fhcull

Les m ' linrs iii» l'nlisiM'Yiition elle-même : on montr r homme gouverné par ses penchants, comme une marion

h- par les Ris i\\\\ t mouvoir. <pi«' I»1

penchants, quelque puissants qu'ils soient, ne sonl tut-puissants, puisque je me sens libre de li el que je km I >ue si p

en réalité irrésistibles, alors en effet j< ibre : mai

oel

atraire une anomalie, un an nom pai

lier, un li iste non

Les autres viennent de certains systèmes métaphysiques qui ne peuvent se concilier avec la libelle morale de l'homme, et qui trouvent plus simple de la nier, comme, par exemple. le matérialisme de d'Holbach, ou, dans un autre ordre d'idées, le panthéisme de Spinoza, ou telle doctrine théologique sur l'omnipotence divine ou sur la prescience divine, etc. Mais un système, quelque spécieux qu'il soit d'ailleurs, ne prouve rien contre un fait. Ce n'est pas aux faits a se plier aux systèmes, c'est aux systèmes à s'accommoder aux faits. La liberté morale est un fait qu'aucune théorie métaphysique ou théologique ne saurait détruire, et dont la vérité subsiste à ce titre dans L'esprit même de ceux qui la nient par

lème.

Obligation morale et liberté morale, voila donc deux points aussi solidement assurés que [misse l'être aucune vérité, car ce sonl des vérités de fait. Pour les trouver el les fixer, il n'est besoin de recourir à aucune hypothèse transcendante, a plus furie raison a aucun principe surnaturel; il suffit de descendre en soi-même el de >e reconnaître* L'observation qui les fournil n'est sans doute pas l 'observation physique, mais le physique n'es! pas tout l'homme, et les vérités morales que je viens de rappeler no sont pas moins certaines que les vériti physiques les mieux établies.

Il résulte aussi de ce que je viens de dire que la morale est, dans ses bases, indépendante de toute métaphysique, c'est-àdire de huit système sur l'àme et sur Dieu.

Quelles que soient l'origine, la nature et la destinée ultérieure de l'âme, qu'elle soit un principe essentiellemenl distinct du corps el pouvant lui survivre, ou qu'elle se confonde avec l'organisation e! doive périr avec elle; dans tous i, la lui morale n'en conserve pas moins, aux yeui

de T homme qui consulte sa raison, toute son autorité. I1 m« iieK qie soient la nature d< Dieu el se rappoi ts

le monde el i l'humanité, qu'il soit un être distinct du

h H1ÈRE I l

monde ou qu'y D'existé qu'en lui : qu'il soit, comme on «lit en It'in i-ole, transcendant <»u immatu uitorité »1<' la l«»i

toujours la même. -1 veux pas dire que la morale soi! sans lien aucun avec la métaphysique: la raison qui nous dicte nos devoirs, a sansdoute elle-même un principe supérieur, où il es! légitime d< lier la morale. Que celle-ci

cherche do» - couronnement ou »u dans une

certaine métaphysique . rien • !<• n ieux ; mais ce n'est pas cette métaphysique qui doni s lois leur valeur. Bien loin

dépendre de la métaphysique, la morale nous fournil au contraire un moyen pour juger les systèmes de la métaphysique, peut-être même est-ce elle qui projette la plus sûre lumi< sui bscun problèmes.

\ plus forte raison est-elle indépendante « 1 « * tout dogme théologique ••! <l«' t<»nt culte. Sans douk1 1rs religions, en donnant aux préceptes de la morale la forme d'ordres dictés par Dieu lui-même, et en n ajoutant, au nom de Dieu, la promesse de certaines récompenses ou la menace <!«' œrtains < bâtiments, <»iit pu leur communiquer une force qu'ils n'au-

ut pas eue sans ml été par la « 1 • - puis-

sants auxiliaires p.. m- la morale même, tussi voyons- nous : les am iriis législateurs reoourir à cette forme, non sans doute l'effet d'un calcul politique, comme on 1< aittropau wiii siècle, mais en obéissant instinctivement a une neeessité «le leur époque La fi nue religieuse est pour la morale,

une pour tout l< . la forme primitive de l'humanité.

M - a mesure que l'humanité grandit et «pi»- sa raison fortifie, elle dégage les Ims morales de cette enveloppe ; ou, nnalt encore des . - est pan <• que la

rais. .n même pi«'< lame leur autorité absolue. Un pi fait en ce sens dans l'antiquité avec laide des philosopl il s est renom clé dans les temps modernes par le moyen de la Réforme et de la philosophie, et il ira touji ni t.

a mesure que 1 humanité elle-même se développe] «

grès est d'autant plus important et nous devons d'autant plus nous efforcer de le hâter, que les religions n'ont pas été seulement pour le genre humain des instruments de moralisation, mais qu'elles ont aussi exercé et qu'elles exercent encore aujourd'hui, à beaucoup d'égards, une action malfaisante. L'exclamation du poëte latin : Tantum religio potirit suadere ma h, m m, n'est-elle vraie que par rapport au paganisme, a-t-elle cessé de l'être depuis, et n'a-t-elle plus de nos jours aucune application ?

Tell*' esl donc la morale: l'ensemble des lois rationnelles qui doivent gouverner nos mœurs, ou. en un seul mot, de dos devoirs. L'exposition régulière de ers devoirs constitue la mena morale ;]eur pratique désintéressée eri la moralité même ou la vertu; leur violation, Y immoralité, le vice ou le

Je dois ajouter encore, pour compléter ces indications sommaires, que de la même source d'où dérive le devoir dérive aussi le droit: c'est parce que je suis un être raisonnable et libre, une personne en un mot, que j'ai des devoirs à remplir, <t c'esl pour cela aussi que j'ai des droits dont le respect constitue a son tour un devoir pour mes semblables, de même que le respect de leurs droits «isf un devoir pour un»!. Le droit et le devoir sonl ainsi corrélatifs; et à ce titre la morale 1rs embrasse tous deux.

Voyons maintenant quels sonl les rapports de la morale ainsi déterminée avec la démocratie. Il esl aisé de les déduire (1rs idées que j'ai données de l'une et de l'autre.

Dans la démocratie, tous les hommes sont proclamés égaux, non suis doute de fortune eu de biens (c'est là une égalité impossible), mais de droits, de droits naturels d'abord, de droits civils el politiques ensuite; et tous ces droits, ils les possèdent dans toute leur plénitude, h ni i la formule : la liberté dans l'égalité. <..u la liberté, c'est le droit d'exercer tous ses droits qui constitue V autonomie de la personne bu-

mai ne), et l'égalité rsf le corollaire i droit individuel, qui ••st Ir ruriiif pour tous

Or, pour qu'ui d'humiiie-* snit ra|»al»lf d un t«-l

étal social, il tant que m membres aient l'intelligence «'t le respect des droits inhérents à leur qualité d'homon rtrèdire qu'ils aieot la connaissance et l'amour de leursdevoirs sociaux, autrement la liberté dont ils jouissent licence, l'égalité n'est bientôt plus qu'une commu vitude, et ainsi la société se heurte conl - que j'ai signalés

plus haut, la d< ou in hi (,t la tyrannie, ou

tout au liions l'oppression <!<■ 1 individu par I État. La démoe t don* ondition dans ! I

i dur que le problème démo< ratique se résout dans le

blême moral.' Supposez une société d'hommt it t<>ns

un parfait respect de leurs droits réciproques, H obs tous leurs devoirs les uns à lézard des autres: le ème

• a n'est - doute, <|n un idéal, * iu«* l'hifir-

• • humaine ne permettra jamais à aucune - de

réaliM-r complètement; mais toutes doivent tendra i s'en

ipnM'her, et le i i >yen lire |x»iir < ela, < est titre

ûs bien que le problème social est : na-

plexe, ot que ri autres éléments doivent intei m^

titutiMii «I, iitique : I '

dont I

de I dont i.i Fonction i leur

assurer Tord n la liberté; mais chacun «!<■ mcnts,

tyant >.i fonctioi I ••!• ment qu'il ne peu - lui et qu'il a bes

de s appuj lui pour n i int. t que

h de mot* .i d ailleurs

que que lo i suite dt i

dével i

\ oofl voulez, i indreet .insu.

LA MOHALK El l.\ DEMOCRATIE. 11

par des institutions économiques le bien-être dans le peuple. Fort bien, je vous loue et je suis avec vous. Si l'homme ne vit ]»as seulement de pain, il vit de pain, et la misère, outre qu'elle est dégradante, est mauvaise conseillère, malemada /finies ; le bien-être, au contraire, au moins un certain bien* être indispensable, rend plus aisé l'accomplissement de nos d.'voirs sociaux. Mais, quelle que soit l'excellence de vos moyens économiques, le bien-être lui-même ne sera jamais assuré, étions vos efforts seront perdus, si vous n'avez pas affaire a des hommes ayant le respect d'eux-mêmes et l'habitude de leurs devoirs envers leur famille ou envers la somais à des individus débauchés, ivrognes, paresseux, imprévoyant istes, Indifférents \ tous leurs devoirs. I

tnomistes parlent bien de l'équilibre des intérê la ont

raison de lechercher; mais cet équilibre ne sera jamais parfait et il lestera toujours instable. 11 faut donc que la morale vienne en aide a l'économie politique. Les institutions dont celle-ci prétend doter la démocratie ne peuvent prospérer qu'à la condition de trouver un appui dans les bonnes mœurs. De la encore la nécessité de la culture morale.

La morale est plus évidemment encore l'indispensable soulien de hi politique, surtout de la politique démocratique.

Que serait un État, m bien réglée qu'en lût la constitution, où les citoyens manqueraient de tout respect pour leurs droits réciproques et n'auraient à cet égard aucun souci de lei devoirs? Mon hypothèse se détruit iras doute d'elle-même, car oette bonne constitution que je suppose oe - il ellemême exister dans un pareil État; mais, fût-elle posi lois i tient observées, si elles Tétaient, «pie par l'effi I de

ntrainte, ou plutôt elk II yal

temps qu'on l'a dit : (Jue sont les I

ire qn Lu qui ns le i

Liais manquer >utien qui leur est uéci ire. Kncoseu

PREMIER] il-

j'applaudis aux paroles que Platon fait pronont v rate liai! e où il l<i mootre i Alcibiade

sur la politique (Le prem Ucibiadi : ■ Ainsi, mon cher Alcibiade, I«'n États, pour être heureux, n'ont besoin ni de murailles, ni de vaisseaux, ni d'arsenaux, ni d'une population Dombn ni de puis ... El si tu

veux bien Faire les affaires de la république, il faut que tu donnes de la vertu s ses citoyens. ■ — El il ajoute que, «•..1111110 on ne peu! doni qu'on n'a pas, il Tant qu'Alcibiadi

tout bommequi veut s'occuper de l'État it a acquérir

pour leur propre compte la vertu qui est le soutien des États. I ette vérité s'applique plus particulièrement aux États démocratiques, <ù t<>u^ les citoyens s< ni app participer, directement «ai indirectement, aux affaires publiques, à la confection des l<»iv. au gouvernement, a l'administration de la justice. ( s( la surtout qu'il importe que l«i sentiment et le respect «lu droit vivent «lan^ les âmes et forment les mœurs publiques. Autrement, qu'an 0 léchaln«ement

(!«' la déni. 1 est-à-dire «l«i la ton • • bi utale, ou au moins

l'oppression «l«' la minorité par la majorité . ou «lans I»' gouvernement lui interne, l'anarchie »'t bientôt le despotisme. I - intitulions dém nt ^.uis doute par altos-mêmes

une vertu moralisatrice : elles dévdoppent dans l'homme I»'

snilimiMit dr si diinnlr, t»n faisant «l«' lui un»' personne au

lieu d'une « hose, un < itoyen au lieu «l'un sujet ; <*11«^ développent aussi «mi lui f 'esprit public \ \\\w \v despotisme a pour

effet «1 < 1 dans 1rs finies; mais mn-iv taut-il «|U»' rrs

institutions soient elles-mêm«es soutenue par l«es mœurs de ceux aux(|uels eltea s'appliquent. Commenl la liberté se main-

iH-nilia-i-rll.' dans légalité, el « • ôme

subsistera-t-elle, «I»' la liberté el ensemble ««'lui

«l«i l't^alii. ! Boimiit1 \v res|H»ri du droit com-

mun, n'esl pas la vertu des citoyens ! Montesquieu a donc eu, • •n 1 • . pai laitemenl raison de dire que la ratai est I»'

La morale et la démocratie. 43

principe du gouvernement républicain, et singulièrement du gouvernement démocratique, comme la crainte est celui du gouvernement despotique, et de placer dans la perte de cette qualité essentielle la cause de la ruine des démocraties. « Le principe de la démocratie se corrompt, dit-il fort bien [Esprit des Uns, livre VIII, chap. 11), non-seulement lorsque Ton perd l'esprit d'égalité, mais encore quand on prend l'esprit d'égalité extrême, et que chacun veut être égal à ceux qu'il choisit pour lui commander.... Il se forme de petits tyrans qui ont tous les vices d'un seul. Bientôt ce qui reste de liberté devient insupportable; un seul tyran s'élève, et le peuple perd tout, jusqu'aux avantages de la corruption. »

Ainsi, par quelque coté qu'on envisage la question, on arrive à ce résultat que. pour ('lever un édifice démocratique qui ne soit ni la démagogie, ni l'anarchie, ni la tyrannie, ni en un mot aucune espèce de despotisme, il faut construire sur un terrain moral.

N'exagérons rien pourtant. La république ou la pure démocratie ne peut se passer de certaines vertus; mais elle n'exige pas, comme on se plaît souvent à le prétendit' pour la déclarer impossiblej que tous les citoyens soient (\t^ anges ou des héros. Les anges ne sont pas de ce monde, les héros sont rares en tout pays ; la démocratie le sait et n'en demande pas huit.

Ellesail aussi, d'ailleurs, que, si lu morale et la politique sont étroitement liées, celle-ci a, par rapport a celle-là, des limites qu'elle no saurait dépasser sans tomber dans la tyrannie «'t suis manquer le but même quelle poursuivrait. Il es! vrai (pif la confusion de ces deux domaines, qui a été l'erreur «les républiques ci <le> philosophes de l'antiquité, s'est perpétuée jusqu.e (lie/ quelques-uns des écrivains les plus éminents du wiii siècle, comme Rousseau, Wably d Montesquieu luimême; mais elle est trop contraire à l'esprit moderne pour qu'il soit désormais bieu difficile de la dissiper. Ou commet omprendre aujourd'hui que la politique el la mo-

raie i il pas absolument identiques, l d imtiae de lit politique est celui du droit, i est-à-dire de tout oequi peut nous être I ornent imposé par u atrainte extéi i

il «lu droit paturel, droit antérieur et wipé-

conventio . m lis qu'il Faut bien fa r par

positif collectif! il peut

i convenir de pourvoir pai i onventions j »t 1 1 »U« | u» *> , qui

deviennent aussi des lois poui chacun de n< aur< i

tout ';•• domaini politiq , iou ne ; pas

i .jiii dans la morale n'est

. appartient exclusivement au for intérieur, au

domaine * I * * la conscience. Qi politique, que la démocratie

•il int( ion * l * * i ses devoirs

qui i rdent que la < oi Ile en I le

i .. ible, |' moyens qui sont il»» sm

bonne heure i mais elle as le droit de les imp i fi rce dont elle dispose. Lorsqu'elle méconnaît la limite juridiction et qu'elle empiète sur le domaine pro-

pn i moral tombe dans uw<> tyrannie insuppoi h

elle onée moyei

. urs, l'inquisition d<

u\ i- finies tl ou en géné-

ral * uents ab& lus; et elle Favoi ise os qu'il j i

i ,ui monde, l'hypoci isie. < le n'ont pas

dont je parlais tout s l'heure, iinsi eu, poui citer le plus modéré, pensait que les lois vent < litre tenir la frugalité dans la d< mocratie. Il De \<'\ait • que il< ; lyranniques »'i qu'elles u'en-

linairement qu'une Fausse vertu, I

un tout Mal ci ivaiu qu'on ne ht plus guère uujour-

aw oup au xviii

reudn u la i ons< i< u< u son autouou i té, a l'afiran-

chir du joug intempérant de la politique, et à resserrer celle-ci dans les limites du droit, qui est son vrai domaine. Illa se jactet in aula.

Mais il ne faut pas non plus, sous prétexte d'affranchir la morale de la politique, rompre le lien qui les unit. Ce dernier danger est, il faut le reconnaître, le plus grand pour la démonatie moderne. Il n'y aurait rien de plus funeste pour l'avenir de m institutions que de regarder la morale comme une obœe politiquement indifférente, comme une chose qui ne touche en rien a la politique et ne la regarde nullement. Ce matérialisme pratique ne pourrait manquer d'être fatal à la démocratie. 11 faut reconnaître au contraire, et rappeler sans

se a ceux qui seraient disposés à l'oublier, que, quelle que soit la distinction des domaines, la morale est étroitement et inséparablement liée à la politique, à la politique démocratique surtout, que j'ai définie : la liberté dans l'égalité. En réglant la liberté par la loi du devoir, elle en assure le légitime exei i la maintient; et, en donnanl à l'homme le respect de l'homme, elle fonde dans son cœur le sentiment et dans si conduite la pratique de l'égalité. Toute la démocratie est là.

C'est de ces mœurs démocratiques que j'entreprends de tracer le modèle. le veux tirer de la morale, c'est-à-dire des lois mémo de la raison, l'exposition des vertus propres à fonder le régne de la vraie démocratie, et opposer ces vertus

aux vices qui peuvent l'atteindre el la perdre. Ce n'est point ici une œuvre de spéculation ou de curiosité théorique, i une œuvre éminemment pratique. Les hommes ont besoin d'apprendre à connaître et à aimer leurs devons, cela résulte de ce que j'ai dif plushaut; il faut doue les aider dans cette tâche en leur retraçant ces devoirs sous la forme qu'exige le \ des esprits c'est-à-dire sous la forme rationnelle, i -mis une forme populaire, débarrassée de tout appareil >< ientifique, intelligible à tous. El cela est facile; cai de loutt parties de la philosopha , il d'j en a pas qui se

Mil l.l II

prête plus aisément à cette forme que la morale, oe besoin commun el ce commun patrimoine de l'humanité. Voilà ce que je voudrais faire à l'us - de la démocratie. Je m'éclairerai -i la fois dans ce travail des lumières amassées par cette philosophie éternelle dont parle Leibniti, «it de l'expérience que nous ont apportée ces dernières années, si fécondes en enseignements* Puissé-je ne pas porter d'une main trop faible ce flambeau de la vie que nous ont transmis li»s ^Minutions pré( édentes, el puisse ce flambeau , dans mes mains ou - d'autres plus puissantes, servir a guider nos contemporains ! Il v \.i du salut de la démocratie A-à-dire de l'avenir de la scm iété moderne.

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