En., VI
2. M. Jules Girard e&t dé c£|t avis. U coinbat ridterprétâtion forcée de YAntifone^ donnée par Hegel et reiieutelée par Boeckh^ •— que le motif de cette admirable tragédie serait Topposition de la famille et de TÉtat, des lois de la religion domestiqué, <fti6 méprise Créim, et dee lois gébéinles <}tie méconnait Antigotte; Il observe justement que l'idée d'une telle oppositen n'est point une idée grecque; que la Constitution de l^État est sortie chez les Grecs de k religion de la fdmilie^ et en a gardé tot^oarg Teiktpreiiit^. Dans VAntiffoné méme^ la religion de l'État est affaiblie; au liau que, dans Us Sept d'Esch., c'est un c conseil » qui interdit le tombeau A Pdlyhicé, ici e'est Créon, qtii représente plutét PaAitraire da pouvoir. -^ L'Bé§iHani$mé daiî$ Ia critiqué mym^ié éH Allemagne, in Rev, des D,'U., !•' janv. 1877.
LA MOiiALË DANS liE, U^KME 35
ûûmmê devoùTâ; 1^« gardas la surprôaaaat ot U livrent i la colère dd fioa oqcla.
Gpâofi : K Pûlyaica est mort ea ravageaut cette coatrée ; ËtécKsle, pour U défaadre, combattait coa ire lui. )
intig, : 4[ Qii'importe ? Plutoa veut que les lois soieat les mêmes pour tous » »
Créba : « Mais le crime n'a pas droit au même traitement ifue la vertu, >
Aatig. : ic Qui sait si ces ma^^imss ^out admises chez les morts ? >
Créon : « Gertiis, uu euaemi ue devient pas un mi, même après sa mort. »
Antig, : f Moi, je suis (aite pour m'associer à Tamour et non pas à la haine. »
On sent, à ces belles paroles, que Slophocle a traité catte fia avec un seatimeat moral supérieur. Les tragiques, vivant à une époque où ces fins, qui sont les devoirs concrets de Tâge héroïque, n'exerçaient plu$ le même empire sur les esprits, les présentent coQ)Rie le motif nécessaire de l'action qu'ils mettent en scène; mais ils enveloppent ce motif dans Tidée du juste abstraitement conçu et ils regardent le passé à travers leur propre philosophie morale.
Daas U» Sufj^mnte^, la sai^iaté de la sépulmre est uue lu qui emporte des effets politiques. |^a même religicm 9^i cèlige les membres d'une famille
consacre les liens de la cité. Une cité doit inhumer et garder aussi ses morts. Ici, ce sont les veuves et les mères des sept chefs qui viennent supplier Thésée d'arracher les cadavres aux Tbébains, afin qu^elies puissent les inhumer dans la terre d'Agros. « Je ne ressens aucune frayeur, mon fils, dit Ethra à Thésée, à te conseiller de faire sentir la force de ton bras à ces hommes violents qui prétendent priver les morts de la sépulture et des honneurs funèbres, et de réprimer les impies qui foulent aux pieds les lois de toute la Grèce : car ce qui fait toujours le salut des Etats, c'est le respect constant des lois. » Thésée accède enfin à la prière de ces suppliantes, il va réclamer les corps à Créon et il leur rend les devoirs suprêmes.
Ce même Créon, dans VŒdipeà Colone, essaye de ramener Œdipe à Thèbes, afin que cette ville possède son tombeau ; mais le vieillard se met sous la protection de Thésée, et il conduit celui-ci dans le bois consacré aux redoutables Euménides, où sa destinée est de mourir, pour lui faire connaître la place de son tombeau, qui servira d'éternel rempart à Athènes contre ses ennemis thébains. Danè la précédente tragédie, Euripide, à l'exemple de Sophocle, engageait les enfants d'Àrgos à une reconnaissance éternelle envers Athènes, à cause de la générosité de son roi; Minerve y intervient elle-même pour exiger
le serment « que jamais les Ârgiens ne porteront la guerre dans ce pays, et que, si d'autres peuples l'attaquent, ils les repousseront par la force des armes. » Ainsi les poêles athéniens faisaient servir de plus ces antiques histoires à Tintérêt particulier de leur ville et lui cherchaient des alliés.
Il y a, dans le Maka Bharata, un épisode singulier. Un brahme, plongé dans la péniteifce, voit en songe ses aïeux suspendus dans une caverne, les pieds en haut et la tête en bas ; ils se plaignent à lui que leur postérité va s'éteindre. Leur unique descendant- s'occupe d'austérités et néglige de se choisir une épouse pour engendrer des fils : « Aussi nous voici, comme des malfaiteurs, sans protection de celui qui doit nous proléger, suspendus ici dans une caverne par l'exiinction de notre postérité. » L'ascète se nomme à eux et il leur donne sa promesse de se marier avec la première vierge qu'il rencontrera, portant le même nom que lui, et que ses parents lui voudront bailler comme une aumône. Un personnage merveilleux lui présente sa fille, qui a nom Djaratkârou, et il l'épouse suivant les rites enseignés par les Védas * .
De telles fins, la durée de la famille et la sainteté de la sépulture, ne seraient évidemment plus le ressort principal d'une action dramatique. Nous rendons