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plus l'horreur de son meurtre qui pourra ébranler son cen'eau et amener une hallucination, c'est Tinsuffisance du crime.. Dès qu'il apprend que le fils de Banquo a échappé aux meurtriers, son esprit se trouble et le délire des sens apparaît. » La première vision qu'il ait eue, observe M. Onimus, est parfaitement reconnue et analysée par lui, au lieu que plus lard il ne saura plus reconnaître son erreur au moment même où se produit l'hallucination (elle lui arrive naturellement, car il n'est atteint d'aucune affection mentale). S'il a réussi à étouffer la voix de sa conscience, « il ne peut se soustraire aux tempêtes de l'âme, aux tortures morales qu'amènent les troubles des sens et de Tintelligence. »
Macbeth n'est pas entier, d'une seule pièce*; un criminel de sang-froid n'aurait aucune hallucination. Lady Macbeth, en revanche, a une rare puissance de volonté. Aussi n'est-ce qu'aux heures du sommeil, quand sa volonté est absente, que ses sens prennent le dessus. « Comme chez son mari, ce n'est pas le remords personnel et conscient qui agite lady Macbeth, c'est pour ainsi dire le remords fatal et organique... A défaut de conscience, l'ordre naturel des
1. T/une (toc. cit.) lui reconnaît une certaine poésie qui indique un cœur généreux et capable de remords. « To know ray deed, — 'Iwere hest not know myscif. » — Connaître mon action,, il vaudrait mieux ne pas me connaître' moi-même.
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LA MORALE DANS LB DRAMfi
évènemenlselles seules lois de lorganisme vont amener forcément leur cbfttiment. . . Chez l'un c'est la fièvre du cerveau, chez l'autre Faclion passive et lente des actes réflexes cérébraux. » Ce qui revient à lady Macbeth dans son somnambulisme, c'est l'impression désagréable du sang chaud sur les mains, ce sont des impressions toutes physiques du toucher, de la vue et de l'odorat.
Richard III est un pire oriminel que Macbeth ; sa langue morale est plus savante pourtant. « lâche conscience, comme tu me tourmentes ! > s'écrie Richard s^éveillant du songe où les spectres de ses victimes lui sont apparues pour lui souQler k désespoir. — Ma conscience a mille langues, dît*il, et chaque langue raconte une histoire qui me condamne. Parjure, meurtrier, coupable ! Pas une créature ne m'atme! et si je meurs, pas une âme n'aura de pitié pour mol 1 Et pourquoi en aurait-on, puisque moi-même je ne trouve pas en moi-même de pitié pour moi-même? — 11 se cabre jusqu*à la fin : « Que le bégaiement de. nos scmges n'effrdie point nos âmes! La conscience n'est qu'un met à Tusage des lâches, inventé tout d^abord pour t^ir les forts en respect. Ayons nos bras forts pour ooBseienee, nos épées pour loi^ » La vision da