Eth. Nic.^ libi VIII, c. I (édit. Didot
LA MORALE DANS LE DRAME 1o
lions qui ne gardent plus que le souvenir des ivresses passées? On n I^it la part du feu, la part de la bête, et Tunion des âmes, qui persiste seule, n'est pas moins étroite. Vauvenargues * observe finement que, si les sens forment le nœud de l'amour, ils n'en sont pas toujours Tintérêt principal, et « qu'il n'est pas impossible qu*il y ait un amour exempt de grossièreté. » On homme, dit-il, ayant toute liberté du choix, ne se décide pas toujours pour la femme qui lui paraît la plus belle : la raison de cela est que chaque beauté exprime un caractère particulier ; et celui qui entre le plus dans le nôtre, nous le préférons. C'est donc Tâme que nous cherchons, et si l'on nous persuadait que l'intérêt des sens est opposé à celui de l'esprit, nous le lui sacrifierions. Cet amour pur, ajoute-l-il, resterait pourtant une passion et ne saurait être confondu avec Tamitié ; « «ar, dans l'amitié, c'est Tesprit qui est Torgane des sentiments, et ici, ce sont les sens. » Vauvenargues laisse pourtant à décider ce dernier point, et je tranche ce doute en rattachant tout le groupe des relations sympathiques, je ne dis pas à Tinstinct sexuel précisément, mais à l'impulsion vers autrui qui raccompagne -.